Para Commando camp de survie au Congo 1954/55 et démobilisation

element-feux-00016.gifOpération survie Après avoir obtenu l’autorisation du major BEM Van der Heyden de commencer les reconnaissances sur le terrain, Militis prospecte afin de trouver une région qui réponde aux exigences de l’exercice. Une vaste zone longue de plus de cent kilomètres de savane, coupée de nombreuses galeries forestières, située aux confins du Katanga et du Kasaï et complètement inhabitée, est choisie.
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element-feux-00016.gif20 janvier, en pleine saison des pluies pour augmenter les difficultés, il part avec le lieutenant H. Grauff, l’adjudant N. Dumont et trois indigènes pour tenter l’expérience et mettre au point cette manœuvre dont l’organisation s’avère difficile. Au bout de cinq jours, H. Grauff est malade et doit être évacué. Que faut-il faire, continuer ou remettre cela à une autre fois? C’est mal connaître ce Gaumais têtu et obstiné qu’est Militis... Il faut continuer et prouver que l’exercice est réalisable, malgré les risques, et surtout qu’il peut devenir pour les miliciens un énorme champ d’expérience, une école de volonté et de courage!
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element-feux-00016.gifUn mois plus tard, Militis teste son organisation avec un groupe d’une quinzaine de volontaires à la tête duquel nous retrouvons le capitaine J. Van Hooff, commandant de la 2e Compagnie, au sixième détachement. L’exercice est un succès, ce qui encourage le major Van der Heyden à autoriser J. Militis à créer une école de survie et de faire exécuter l’épreuve par tout son bataillon. C’est ainsi que de ’56 à ’59 tous les para-commandos effectueront leur propre expé­rience de survie africaine.
 
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element-feux-00016.gifParachutés après un drill d’évacuation rapide d’un avion simulé en difficulté, les hommes se retrouvent au sol par équipe de dix. Ils doivent progresser pendant dix jours et parcourir 120 kilomètres environ, à travers savane et galeries forestières, en dehors de tout itinéraire connu, sans possibilité aucune de rencontrer des villages, des routes, ni même des pistes. Pour tout bagage, ils disposent de l’armature d’un bergham, d’un sac de couchage, d’un imperméable en saison des pluies, de deux gourdes, d’un canif, d’une gamelle, d’un fusil et de trente cartouches, de sel, de quinine et d’halazone. Chaque homme revêt sa tenue de brousse, porte un chapeau, mais ne possède ni vêtements de rechan­ge, ni nécessaire de toilette, ni nourriture, ni cigarettes... Il emporte une ration conditionnée scellée, à n’ouvrir qu’en cas de nécessité absolue. Une inspection sévère est effectuée avant le départ pour contrôler si chacun respecte les règles.
 
element-feux-00016.gifPendant les cinq premiers jours, les para-commandos sont accompagnés d’un instructeur et de deux guides indigènes chargés de leur enseigner l’art de se nourrir de produits comestibles, de produits de la chasse et de la pêche. Après un contrôle médical et une inspection de la ration scellée, le cinquième jour, au seul point de l'itinéraire franchissant une piste carrossable, l’équipe continue l'épreuve avec un seul guide indigène. Le 10e jour, les participants doivent effectuer une épreuve morale et parcourir une quinzaine de kilomètres pour prouver que les «survivants» sont encore capables de fournir un effort de plusieurs heures à l’issue de leur périple.
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element-feux-00016.gifLes équipes disposent d’une trousse de premiers soins et d’une machette. Cette dernière est très utile pour se créer un passage dans certaines galeries forestières, construire sa hutte et couper son bois pour boucaner la viande lorsque la chasse a été bonne.
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element-feux-00016.gifPour s’orienter, le chef d’équipe emporte une boussole et un croquis au 1/200.000 de la zone, reprenant uniquement les galeries forestières. Mais pour s’orienter, rien de tel que d’utiliser d’autres méthodes, la position du soleil par exemple. Pour l’avoir oublié, plusieurs équipes dévieront d’une quinzaine de kilomètres en cinq jours. L’aiguille de leur boussole influencée par le sol marquait une direction sensiblement erronée.Militis a tout prévu pour mettre le moral de ses élèves à l’épreuve.
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element-feux-00016.gifL’instructeur, s’il a un rôle de conseiller, peut se transformer en démo­ralisateur sadique. Il lui arrive de prévoir des difficultés insurmontables, de boire une bière ou de fumer une cigarette devant les élèves ou tout simplement de préparer ses repas le soir avec des oignons.Les anecdotes sont nombreuses... chaque groupe en vivait d’inou­bliables mais la principale conclusion de l’expérience était que tout reposait sur une question de moral, que l’exercice était extrêmement formatif pour le caractère, la débrouillardise et l’esprit d’équipe. La réussite d’une telle épreuve donnait à chacun la confiance nécessaire pour se tirer d’affaire, au cas où il se serait trouvé dans une situation semblable, mais réelle; ce qui pouvait fort bien se produire au cours des nombreux exercices ou transports par avion.
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element-feux-00016.gifLe 3e Bataillon Para-Commando était la seule unité à organiser l'exercice avec autant de réalisme. Des officiers d’autres pays, venus effectuer notre survie, l’ont confirmé. «20% environ abandonnèrent au milieu de l’épreuve, en dépit des terribles entraînements parachu­tistes et commandos maîtrisés auparavant» (J. Militis - La peur appri­voisée -).
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element-feux-00016.gifMilitis, de plus en plus passionné par le problème, il ne s’arrêtera pas là. N’a-t-il pas écrit à l’issue de sa première expérience «dix jours en brousse sont passés, dix jours qui marquent le caractère d’un homme au point de lui donner l’envie de tenter une nouvelle expérience...»? Il recommence quelque temps plus tard une survie statique et solitaire de dix jours dans la même région et, en 1959, alors commandant du Centre d’Entraînement Commando de Marche-les-Dames, il retourne dans le Bas-Congo pour organiser le même type d’exercice dans les forêts du Mayumbe au profit du 4 Commando.
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element-feux-00016.gifMalheureuse­ment, les événements de 1960 empêcheront la réalisation de ce nouveau projet.Vous imaginez une immense vallée, large de douze kilomètres et bordée de deux grands plateaux dont les versants abrupts la dominent de près de 350 mètres. Une vallée qui présente un relief très accidenté, entrecoupée de nombreux torrents coulant au fond de ravins profonds. Nous sommes dans la vallée de la Lujima et c’est dans ce décor grandiose, véritable piste géante d’obstacles, que se déroule l’exercice baptisé «Sweep and Kill».Conçu par le capitaine, J. Guérisse, également ancien «Coréen», et inauguré début 1957, au cours du 7e détachement, l’exercice offre aux compagnies, pendant trois jours et deux nuits, des situations très semblables à celles du temps de guerre.
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element-feux-00016.gifParachutage avec conquête immédiate d’un objectif, installation d’un bivouac tactique pour la nuit, progression dans la vallée et conquête de plusieurs sommets avec utilisation de munitions réelles et l’appui de toutes les armes lourdes du bataillon; installation d’une position défensive et ravitaillement par air à proximité, tirs de nuit... rien ne manque pour donner à la manœuvre le réalisme le plus brûlant! Harassés, fourbus, les para-commandos terminent le parcours en escaladant un escarpement gigantesque pour conquérir, avec l’appui de l’aviation, le dernier objectif.J. Guérisse avait vraiment la nostalgie des pitons coréens lorsqu’il effectua ses nombreuses reconnaissances. Il s’efforça en tout cas de trouver un terrain difficile et de monter un exercice unique en son genre, donnant aux miliciens l’occasion d’éprouver sur le terrain et dans des conditions d’un réalisme peu connu, l’ensemble des connaissances tactiques acquises.
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element-feux-00016.gifUn entrainement bien mis au point Lorsque les para-commandos quittent la Belgique, ils possèdent les deux brevets. Le voyage en bateau jusqu'à Banane et le pont aérien jusqu’à Kamina durent environ un mois. En principe, le séjour au Congo est limité à six mois, les hommes étant démobilisés à leur retour en Belgique. L'entraînement se divise en plusieurs phases: une période d'adaptation d'un mois comprenant des exercices et des bivouacs dans les environs de la base, pendant les deux mois suivants, les unités partagent leurs activités entre des manœuvres de peloton et de compagnie
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element-feux-00016.gifPendant les trois derniers mois, les détachements effectuent successivement les manœuvres «Sweep and Kill» et «Tungulu» Il terminent leur séjour par une grande manœuvre en collaboration avec la Force Publique.Au cours de l'exercice «safari», d’une durée d’une semaine, les hommes sont expédiés en pleine brousse, à quelque 200 à 300 km de la base. Par pelotons isolés, ils parcourent une centaine de kilomètres à pied et se retrouvent, le dernier jour, réunis en compagnie avant de rejoindre la base. Pour se nourrir, chaque peloton dispose d’un budget limité Cl, aidé par un conseiller indigène de la Force Publique, utilise mieux cet argent pour acquérir des vivres dans les villages qu'il traverse.
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element-feux-00016.gifMalgré un briefing détaillé et une démonstration expliquant lit manière de préparer les vivres locaux, les hommes se voient confrontés à des aventures inattendues
 
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 Les derniers jours au Congo et retour en Belgique démobilisation : Extraits et témoignages

15/08/1955 Parade habituelle, préparer notre arme le matériel colonial à afin de les rentrer au QM  Le Commandant de la base vient nous souhaiter un bon retour en Belgique on se reverra à l’amicale Para, rue du châtelain à Bruxelles

27/08/1955 17 heures bal programmé à l’hôtel de la gare

28/08/1955  Dimanche le dernier à la base Ont se remémore dans ce beau pays les constructions de pont, des safaris, des manœuvres par colonnes motorisées ou parachutées

31/08/1955 4 heures du matin le temps d’arranger la chambre, de constater que tout est en ordre et propre autour du bungalow, nous nous rendons au réfectoire pour le petit déjeuner. 6 heures du matin embarquement dans les C119. Décollons à 7 heures 25 précises. Moanda 11 heures 15. En débarquant de l’avion, une petite partie du 5lème Détachement Para- Commando qui viennent nous relever est prête à s’embarquer pour rejoindre la base de Kamina .Ce qui frappe en les voyant, ils portaient un béret brun, le béret que portaient les militaires quand il se rendaient en Corée. Etonné d’apprendre que la directive d’imposition provenait du ministère de la Défense Nationale qui les obligeaient à porter ce béret en les considérants qu’ils étaient des troupes métropolitaines (ce qui veut dire des troupes en dehors de notre pays, la Belgique). Ont nous rassures que les Paras comme les Commandos portaient le béret brun lors du salut au drapeau, mais dès la parade terminée, ils ressortaient de leurs poches, leurs bérets rouges ou verts qu’ils avaient gagnés à la sueur de leur front on sait qu’il était très important de pouvoir porter son béret. Les camions nous attendaient pour nous conduire à Kitona, le camp de transit qui sert de relève.

02/09/1955 Vers 10 heures, kit-bag bien rempli de souvenirs rassemblement, les camions nous attendent pour nous conduire à Banane pour embarquer sur le TNA Kamina. Arrivés à destination, nous passons la douane avant de nous installer dans les barges pour nous conduire au bateau qui est ancré dans la baie. Nous regardons pour la dernière fois Banane. Nous appareillons pour le port de Lobito à 16 heures pour la dernière fois le rivage qui s’éloigne en me disant adieu l’Afrique

03/09/1955 22 heures 30 en rade de Lobito.

04/09/1955 La sirène plusieurs fois qui annonçait notre départ du bateau du port de Lobito, il était 23 heures, c’est le retour définitif au pays.

07/09/1955 Vers 10 heures, on annonce par micro que nous venions de rentrer dans les eaux équatoriales

14/09/1955 Nous recevons une liste de notre équipement militaire (colonial) que nous devons rentrer pour vendredi. En se regardant entre nous, cela sent la démobilisation.

15/09/1955 Nous sommes bien amarrés au quai du port de Tenerife. 13heures 30, permission de quitter le bateau et visiter la ville jusqu'à 18 heures

18/09/1955 Padre Raymond Thils nous fît son dernier sermon d’adieu

20/09/1955 Nous  quittons le golfe de Gascogne Rassemblé a la demande de notre Commandant pour nous faire sont discours d’adieu. Nous écoutons le journal parlé de Belgique qui annonce que le TNA KAMINA accosterait au port d’Ostende le mercredi

21/09/1955 à 11 heures 30. Nous avons tous crié un hourrah de joie

21/09/1955 Nous  apercevons la côte belge le port d’Ostende  3 coups de sirène, annonce l’arrivée. Nous essayons de reconnaître au loin, nos familles, amis. Le bateau à peine amarré, la passerelle mise en place nous devons nous présenter un par un à la douane J’ai serré les mains des copains en leur disant que nous nous reverrions à Diest pour la démobilisation fin du mois, nous avions reçu une semaine de congé du 22/09/1955 au 29/09/1955. Dans un café d’Ostende nous voulions déguster une bonne bière de chez nous une Stella. Je ne reniais pas la bière Simba ou la Tembo du Congo.

29 septembre 1955 (la Saint Michel), fête des Paras-Commandos.A Diest pour notre démobilisation. On se communique nos adresses en espérant qu’on se reverra dans la vie civile et recevons notre carnet militaire. Un  au revoir à la patronne du café l’Elysée appelée Mamie (les anciens s’en rappelleront sûrement et ne l’oublieront pas de sitôt). Nos chemins se séparent et chacun suivra le sien. Adieu les amis et bonne chance à tous en espérant de se revoirs un jour.

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