Congo Katanga, Elisabethville,opération survie et l'opération Quick réaction

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Albertville, Ankoro, Bakwanga, Banane, Banningville, Boende, Boma, Bunia, Coquilhatville, Elisabethville, Gemena, Goma, Jadotville, Kabalo, Kaniama, Kasongo, Kibanguala, Kikwit, Kindu, Kongolo, Léopoldville, Libenge Lokandu, Luluabourg, Lusangi, Manono, Nyunzu, Piana, Thikapa…

        aad2a7d89a67b859b8878735264621ae.gif                         CONGO.gif                          a7852206ad8dd5ee237ba8a9781d7a5c.gif

  

gif-alphabet-3-gratuit-gratuit.gife Camp d'entrainement Commandos de Kota Koli  (Zaire ) et de Bigogwe (Rwanda)

La première reconnaissance du site de Kola-Kali fut menée par le capitaine Gaston Bebronne détaché du Centre de Marche les Dames Kota-Koli dresse au milieu d'une savane épaisse, à 18 kilomètres de la frontière entre la République Démocratique du Congo et la République Centre Afrique.

gif-alphabet-grvant 1960 Il existait à la Base de Kamina un camp où s'entraînaient les mil belges du Régiment Para commando y était organisée la fameuse épreuve de survie en brousse. Ceci avait été imaginé et mis sur pied par des commandos et terminé depuis 1960

 

Des milliers de Para-commandos qui ont eu la chance d'effectuer le fameux exercice ''Survie'' le doivent au capitaine Jean Militis '' Parachutés dans la savane à peine au sol après un drill d'évacuation rapide d'un avion simulé en difficulté. Nous étions aussi théoriquement en territoire ennemi nous étions obliger d’éviter les agglomérations Les hommes se retrouvent au sol par équipe de dix.Ils doivent progresser pendant dix jours à travers savane en dehors de tout itinéraire connu, sans possibilité aucune de rencontrer des villages, des routes, ni même des pistes.Pour tout bagage , ils disposent de l'armature d'atan Bergman -d'un sac de couchage  d'un imperméable en saison des pluies. de deux gourdes. d'un canif,d'une gamelle, d'un fusil et de trente cartouches. de sel, de quinine et d'hala zone.Chaque homme revêt sa tenue de brousse porte un chapeaux mais ne possède ni vêtements de rechange , nécessaire de toilette, nourriture, cigarettes, emporte une ration conditionnai scellées à n'ouvrir qu'en cas de nécessité absolue. Une inspection sévère est effectuée avant le départ pour contrôler si chacun respecte les règles. Aucun ravitaillement  obligé de se nourrir de ce que nous allions trouver gibier, plantes….

  

element-feux-00016.gifLes Para-commandos sont accompagnés de guides indigènes chargés de leur enseigner l'art de se nourrir de produits comestibles ( chasse –pêche)  Le 5ème jour au seul point de l'itinéraire franchissant une piste carrossable. l'équipe continue l'épreuve avec un seul guide indigène .

 

element-feux-00016.gif Nous avions des machettes très utile pour se créer un passage dans certaines galeries forestières construire sa hutte et  couper son bois pour cuire la viande lorsque la chasse a été bonne. Pour s’orienter le chef d’équipe emporte une boussole et un croquis au 1/200.000 de la zone très vite on constate que nos boussoles ne servent a rien étant dans une région riche en minerais de fer.Pour nous repérer nous avions au loin un arbre assez caractéristique mais nous le voyions seulement quand nous étions sur une colline Nous devions souvent de notre route les herbes faisant plus de trois mètres de haut il fallait regrimper dans les arbres pour corriger notre trajectoire plutôt fantaisiste dans cette brousse.Pour s'orienter utiliser aussi la position du soleil Militis a tout prévu pour mettre le moral des Paras a l'épreuve.L'instructeur peux conseiller mais aussi prendre le rôle de démoralisateur et prévoir des épreuves insurmontables       

 

 element-feux-00016.gifPour se nourrir nous rajoutons des petits morceaux de viande allait agrémenter la soupe de tembo-tembo, herbes à éléphant et de voumba-voumba, autre plante comestible renseignée par notre guide africain que nous allions manger pendant 10 jour une fois la soupe cuite, nous retirions le morceau de viande pour la soupe suivante pendant que nous essayions d'avaler cet infâme brouet, l'instructeur lui avait des vivres se préparait un bon repas dont l'odeur venait chatouiller nos narines il partageait son repas avec le guide et comme si cela n'était pas suffisant il allumait une cigarette Il  y avait tout ce qu'il faut pour faire un repas, pour fumer dans cette boîte de ration dans notre sac avec la défense d'en briser les scellés sous peine de rater la survie. 5ème jour, nous arrivions à un point de contrôle un médecin nous examinait et décide si nous pouvions continuer ou non. L'instructeur lui nous quittait, fini de nous tenter avec ses repas et ses cigarettes. Le guide africain continuait avec nous, et comme il ne pouvait plus profiter des vivres de l'instructeur et qu'il était soumis au même régime alimentaire que nous, il commença à nous procurer des champignons pour agrémenter notre soupe et surtout il nous dénicha des thermites. Nous chauffions nos gamelles à blanc et après avoir arraché la tête et les ailes des thermites nous les jetions dedans pour bien les rissoler Les fruits  petites oranges sauvages vraiment trop amères pour que nous puissions les manger leur jus servait à masquer le goût infâme des cachets que l'on mettait dans nos gourdes pour rendre l'eau potable

10 ème jour C'était la fin mais savions pas que moralement se serait le plus dur. Nous arrivions enfin sur une piste et pensions que les derniers kilomètres seraient un jeu d'enfant. Mais là, des instructeurs nous attendaient et nous devions rendre nos sacs avec tout le matériel, y compris la boîte de ration scellée, nous avions même du remettre nos montres, nous gardions juste une gourde d'eau et notre fusil. En avant marche, si la progression était plus facile sur la piste que dans la brousse, après avoir marché 9 jours dans des terrains mous le choc de nos pas sur la terre tassée finis par nous faire mal aux chevilles. Brusquement à un tournant de la piste nous voyions les camions, encore 1 km et c'était fini, mais arrivés à 100 m des camions, ceux-ci redémarrèrent et disparaissaient derrière un tournant de la piste. A ce moment un indigène se trouvant le long de la piste nous tendis une tartine, nous passâmes stoïquement devant lui en essayant de l'ignorer, car les instructions étaient bien claires, pas de contacts avec quiconque avant la fin de l'exercice. Et le pire restait à venir, à la sortie d'un tournant de la piste, nous voyions des tables dressées avec de la nourriture exposée en abondance et comble de tentation Pas question de succomber, la survie serait finie quand nous aurions atteint les camions. Nous marchâmes encore plus ou moins 4 kilomètres pour atteindre ces foutus camions. Là, nous devions resserrer nos bretelles et faire du drill pendant 15 à 20 longues minutes. Enfin, on nous donna un peu de riz et un petit pain, dont nous ne pûmes manger que la moitié et une cigarette dont la fumée nous fit tourner la tête.Objectif atteint, j'avais perdu 10 kilos en 10 jours mais nous avions réussi notre opération survie.

       

                  

1954 à 1960 L'aumônier principal Raymond Thils, le ''Padre'' des Para-commandos de la Base de Kamina 

 

 

1959 Au cours du voyage du retour le Tna Kamina est dérouté émeute a Léopoldville retour a Kamina par avion le détachement forme le 5 Para Commando Démob après 15 mois de service retour Belgique

 

  

1955 Béret : Lorsque nous étions en stand-by à Kitona,en 1955 retour vers la Belgique, les gars du 5ème Détachement que nous croisions avaient le béret Brun des Troupes d'Outremer. Nous appelions ce béret le  "Coréen". Par après le port de ce béret par les Paras Commandos a été supprimé et chaque Détachement portait ou le Vert ou le Rouge suivant la date d'incorporation..( Témoignage de André Mattys )

 gif-alphabet-3-gratuit-gratuit.gif es vétérans belges de la guerre de Corée, qui se sentent bien souvent oubliés, malgré la dureté des combats auxquels ils ont pris part et leurs 106 morts, ont toutefois laissé un souvenir durable au sein de l'armée belge: la couleur de leur béret. Ces volontaires ont en effet reçu, avant leur départ en 1951, un béret brun, caractéristique de leur unité, alors que les autres fantassins devaient se contenter d'un couvre-chef kaki, hérité des unités belges ayant servi dans l'armée britannique durant la seconde Guerre mondiale.Depuis le retour du bataillon belge, la plupart des unités d'infanterie ont obtenu le droit de porter ce béret, à l'exception notable des chasseurs ardennais, dont la coiffe est inspirée de celle des chasseurs alpins français, et les para commandos, au béret respectivement vert et "lie de vin".                                 

Une instruction courte mais très poussée par le réalisme des exercices, fut dirigée par des instructeurs du Régiment Para-commandos et se termina par la remise du béret brun qui devait devenir célèbre un goedendag pour les Flamands et une francisque pour les Wallons. La croisade que les Volontaires allaient accomplir est concrétisée par un heaume de chevalier brabançon et par un écu frappé du Lion Belgique.

Le badge Belgium orne les manches du blouson.

                               

                    

        CONGO.gif       Katanga Elisabethville 1960/1962        ZAIRE.gif 

 1960 L'entraînement para commando se déroule en Belgique mais aussi à l'étranger. Avant 1960, les appelés accomplissaient une période de 6 mois d'activités au Congo belge. Le commandant Militis et ses instructeurs y avaient mis au point un exercice de survie dont la réputation déborda du cadre belge. Le Congo permettait, bien entendu, de nombreux autres exercices et sauts en parachute

                                                         Contact avec la population

 

   

 

 

   

 

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gif-alphabet-5-gratuit-gratuit.gif ovembre 1959  Des incidents entre Hutus et Tutsis éclatent au Ruanda et le 3 Para intervient et s’y installe en permanence car cette première intervention n’a pas pu arrêter ce massacre

                                            

                 1959 OPÉRATION  3-PARA.jpg  QUICK REACTION         

opreation-quick-reaction-1959 opreation-quick-reaction-1959

    De g.à.d. E. Cornez, H. Von Hoff, l’auteur Fernand Wijckmans et G. Desmecht

L’opération « Quick Réaction » est la toute première opération militaire effectuée par le régiment Para-Commando depuis la dernière guerre mondiale, c’était la première fois que l’on utilisait ses capacités d’intervention rapide dans un pays lointain.  

2 avril 1970, le général Danloy se félicitait du parfait déroulement de cette opération. Ce succès prouve que nous étions dans « le bon », tant sur le plan de l’entraînement que sur le plan du travail d’état-major.Les éloges prononcés par le Général Danloy allaient, entre autres, au 5ème Bataillon Para-Commando, mais également à tous les autres participants de l’opération « Quick Réaction ».

Samedi 10 janvier 1959, le TNA Kamina, navire de guerre belge affecté au transport de troupe (notamment, les volontaires belges durant la guerre de Corée et ensuite les différents détachements de Para-Commandos qui se sont succédés au Congo Belge) traverse le Golfe de Gascogne en direction d’Ostende ayant à son bord, le 11ème détachement composé de 255 Commandos appartenant au 3ème bataillon Para-Commando dirigé par le Capitaine Wilmotte. Ils rentrent au pays afin d’y célébrer la « quille », après un peu plus de 15 mois de service dont 7 en Afrique, effectués sous les ordres du Major Debève, (authentique héros parachutiste SAS de la dernière guerre aux nombreuses missions couronnées de succès derrière les lignes ennemies).Il est l’aube, le soleil s’élève lentement sur l’horizon, les marins de la corvée cuisine s’activent afin de préparer le petit déjeuner. Soudain l’un d’entre eux fait une remarque : le soleil se lève, oui, mais… à bâbord … impossible, le bateau navigue vers le Nord, vers Ostende et pourtant…Comme une traînée de poudre, la   nouvelle se répand, de coursive en coursive, de cale en cale, vite tout le monde est au courant, certains émettent des hypothèses plus folles les unes que les autres, mais ce qui est certain, c’est que le navire a fait demi-tour, beaucoup pensent qu’il s’agit d’une dernière blague des Officiers Para-Commandos et marins avant le retour au foyer, afin de tester une dernière fois le moral de la troupe et que, dans le courant de la journée tout rentrera dans l’ordre.Néanmoins, plusieurs Commandos interpellent leurs officiers et sous-officiers et doivent bien convenir que ceux-ci sont également dans l’ignorance et cherchent à comprendre.On interroge les marins, personne ne sait ce qui se passe, enfin de compte, on se précipite chez le commandant de bord mais celui-ci refuse de répondre aux multiples questions et la journée se passe en suppositions et interrogations sans que quiconque soit mis au courant.Durant la nuit, au cours de laquelle très peu sont parvenus à trouver le sommeil, chacun se pose des questions. On sent qu’il se passe quelque chose d’important. Enfin, le Kamina jette l’encre à l’entrée du port de Lisbonne et l’attente sans informations est longue.Nous recevons l’ordre d’emballer nos affaires et les commentaires vont bon train, nous ne le savons pas encore mais nous venons de passer notre dernière nuit sur le TNA Kamina.Vers midi, la radio de bord nous invite à nous réunir dans la cale N°7.Enfin, nous allons savoir. Le Capitaine Wilmotte nous informe que des événements imprévus et graves se déroulent au Congo, que nous allons être débarqués et que des avions venus de Belgique nous attendent pour nous conduire là-bas. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, cette information pour des soldats à la veille de leur démobilisation et qui voient celle-ci retardée sans savoir pour combien de temps, provoque un hourra et c’est une formidable ovation qui jaillit des poitrines dans cette cale survoltée. Le fait de savoir nous libéré de notre angoisse.

Vers 17 heures, de petites embarcations viennent nous chercher, nous abandonnons notre équipement et une partie de nos affaires personnelles sur le bateau (nous retrouverons le tout ainsi que nos papiers de démob. à notre retour à la citadelle de Namur).Ces embarcations nous amènent à quai où, sous la garde de soldats portugais, nous nous engouffrons dans des bus aux fenêtres occultées, le black-out est de rigueur !Ces bus nous conduisent directement à l’aérodrome militaire de Lisbonne où nous sommes priés d’attendre la suite des événements dans un immense hangar, toujours sous la bonne garde des militaires portugais.Le soir, le commandant du régiment, le Lieutenant-colonel BEM Delperdange en personne, accompagné d’un imposant état-major, fait son entrée dans le hangar où nous sommes rassemblés. Il nous explique que le dimanche 4 janvier des émeutes ont éclatées à Léopoldville. Dans le centre-ville, un imposant meeting tenu par le leader congolais Patrice Lumumba (il deviendra premier ministre à l’Indépendance) ainsi qu’un important match de football, ont échauffé les esprits, le chahut et le désordre qui s’en suivi, a vite dégénéré en émeute, submergeant la police locale qui n’est pas parvenue à empêcher le saccage et le pillage des magasins et autres lieux d’abondances, pire, celle-ci a fini par faire cause commune avec les émeutiers, obligeant la F.P. (Force Publique composée de soldats congolais sous les ordres d’officiers et sous-officiers belges) à intervenir mais nous sommes en droit, dit-il, de craindre que ces soldats noirs refusent d’agir contre d’autres noirs, il est donc nécessaire d’avoir à portée de main des troupes sûres et expérimentées en réserve sur place et prêtes à intervenir immédiatement.

Le 1er Para de Diest, devenu le 3ème Bataillon Para-Commando (12ème détachement) qui vient de nous relever à Kitona il y a 15 jours et qui venait à peine de prendre ses quartiers à Kamina, a été envoyé d’urgence à Léopoldville mais ses membres bien que formés et déjà brevetés n’ont aucune expérience d’Afrique. Ceux du 2ème Commando sous les ordres du Major Lemercier et qui viennent à peine d’entamer leur service militaire à la citadelle de Namur, viennent eux aussi d’êtres envoyés au Congo, cette situation nécessite donc la présence sur place d’une unité ayant une parfaite connaissance du terrain ; ceux du 11ème détachement répondent parfaitement à cette exigence. Le Lieutenant-colonel BEM Delperdange conclut son exposé en annonçant aux Commandos qu’ils appartiennent désormais au 5ème bataillon Para-Commando créé spécialement pour la circonstance et que ce bataillon est confié au Major Charles Laurent, une formidable acclamation fait fondre les dernières appréhensions des cadres qui constatent que, malgré le fait que nous sommes momentanément privé de notre démob, nous gardons un moral exceptionnel, résultat de notre formation Para-Commando. Le samedi 10 janvier, vers 2 heures du matin, le Major Charles Laurent, commandant du 1er Para à Diest, avait été tiré de son lit et avait rejoint Bruxelles en toute hâte pour y recevoir ses ordres de mission. Le gouvernement belge venait de décider d’engager les Para-Commandos dans la défense de notre colonie et de ses milliers de ressortissants qui y vivaient et y travaillaient. Accompagné des cadres des centres d’instruction Para-Commando, il devait gagner Lisbonne et prendre en charge les Commandos du 11ème détachement.

Le 11 janvier 1959 à l’aube, équipé de pieds en cap, les cadres du régiment sont rassemblés à Melsbroek, un ensemble de bérets rouges et verts, tant d’active que de réserve, flamands et wallons, contents de se revoir et de travailler ensemble.Il gèle sec ce jour là et sur la piste verglacée, les mécanos s’activent autour de l’appareil. Enfin, vers 8h45 l’avion, un DC4 de la Sabena, décolle et prend la direction de Châteauroux, une base américaine située en France, pour une escale technique. A 14 heures, il repart pour Lisbonne et dans l’avion les commentaires vont bon train, comment les Commandos vont-ils prendre le fait d’être rengagés d’office ,Le Lieutenant-colonel BEM Delperdange passe ensuite la parole au Major Laurent qui, d’emblée sent qu’il faut faire quelque chose, (celui-ci est un formidable meneur d’hommes, après quelques minutes de conversation on le suivrait au bout du monde).  Il y aura dans notre bataillon des bérets rouges et verts, cela ne nous empêchera pas de faire du bon travail ensemble, chacun portera le béret qui lui est le plus cher, actuellement vous portez le béret coréen mais je sais que vous avez tous un béret vert dans votre veste ou dans votre sac, alors gentlemen, bérets hauts et vive le 5ème Para-Commando ! Pouvoir à nouveau porter avec fierté notre béret si durement gagné provoque une formidable ovation et en quelques secondes, comme par enchantement, les têtes se couvrent de vert. Laurent, en quelques mots, venait d’insuffler à ses hommes une formidable dynamique, nous étions gonflés à bloc et nous l’aurions effectivement suivi au bout du monde s’il nous l’avait demandé.Si nous devons intervenir physiquement, que se soit sous nos couleurs !Nous recevons de quoi écrire un mot à la famille, qui doit s’être inquiétée en apprenant notre détournement sur Lisbonne. Ensuite, le Bataillon et ses cadres, confiés au commandant en second, le Capitaine Militis (autre figure légendaire du régiment, ancien résistant et ancien de Corée, créateur avec l’Adjudant Dumont de la Survie) embarque pour Kamina dans des DC4, DC6, DC7 de la Sabena qui ont été réquisitionnés pour la circonstance par le gouvernement belge. Durant le trajet nous ne pouvions nous empêcher de penser… Nous pouvions être fier, nous étions sous les ordres de deux chefs prestigieux, ce 5ème Bataillon, nouvellement créé, avait fière allure, il était dans de bonnes mains.Le Major Laurent quittera Lisbonne le dernier, mais à bord d’un super DC7, plus rapide que les autres, il arrivera le premier à Kamina pour s’entendre dire par le commandant de la base, que la présence de son bataillon ne sera pas nécessaire, que la FP a bien réagi et obéit aux ordres sans problème et que le Major Debève a rejoint Léopoldville avec son 3ème Para-Commando (ceux du 12ème détachement).Le 2ème Commando du Major Lemercier envoyé en renfort à également gagné Léo mais vu la bonne conduite de la FP, aucun de ces deux bataillons ne doit normalement intervenir, les choses semblant se tasser.Un troisième bataillon n’est donc pas nécessaire actuellement à Léopoldville et le 5ème Para-Commando restera en veilleuse à Kamina.Pour Laurent c’est une immense déception, une douche froide, les hommes sont gonflés à bloc et maintenant il doit les décevoir ; il fait alors imprimer un tract qu’il fait distribuer à tous ses hommes :« Vous avez été rappelés parce que le gouverneur du Congo à besoin de vous. Le détachement qui vous a succédé est drillé aux opérations en Europe, mais n’y connaît rien au Congo. Il est capable de maintenir l’ordre, et c’est pour cela qu’il est parti tout de suite à Léopoldville.. Il y a aussi le 2ème Commando qui est également capable de maintenir l’ordre et puis il y a vous. Vous êtes la seule réserve opérationnelle pour le gouverneur. Vous êtes les seuls qui puissiez sauter dans la brousse pour l’avoir déjà fait. Vous seuls pouvez aller secourir des postes qui seraient encerclés. Vous êtes donc obligés de rester ici, près des avions. Comme nous ne savons pas comment nous allons devoir intervenir, nous allons faire des exercices, nous ferons aussi du sport. De plus, je m’engage formellement à ce que vous soyez les premiers à rentrer, et ce, par avion »entre temps, le Colonel Danloy, formateur du régiment Para-Commando à ce moment commandant de l’Ecole d’Infanterie à Arlon, avait été convoqué à l’état-major général Place Dailly à Bruxelles pour se voir confier l’ensemble des effectifs Para-Commandos, il retrouvait ainsi le régiment qu’il avait créé et qui effectuait sa première opération militaire depuis la fin de la guerre, le succès de celle-ci et de toutes celles qui suivront, apportera la preuve que le travail accompli depuis sa création n’avait pas été vain, d’où la nécessité pour un pays de posséder une telle force d’intervention.

 Le 12 janvier, lors d’une réunion avec le Gouverneur général du Congo Monsieur Cornélis, le Général Janssens commandant de la FP et le Colonel Gheysens commandant des forces métropolitaines (Cometro), il est discuté du dispositif à adopter, le Général Janssens estime quant à lui avoir la situation bien en main, la FP contrôle les émeutiers mais il est quand même décidé de déployer le 2ème Commando tout le long du boulevard Albert afin d’empêcher les émeutiers de la cité indigène de se répandre dans les quartiers européens.Une partie du 3ème Para-Commando, la compagnie du Lieutenant Coucke, entra également en action. Après avoir débarqué du Kamina à la mi-décembre, le 12ème détachement avait rejoint la base de Kitona où il avait « fraternisé » avec ceux du 11ème qui attendaient d’être embarqués.Après notre départ, un pont aérien avait été installé entre les bases de Kitona et Kamina, la dernière compagnie du 3ème bataillon n’était arrivée à Kamina que le 4 janvier et elle fut confiée au Lieutenant Coucke avec comme adjoint le Lieutenant Pirotte

Le 5 janvier, alors que les autres compagnies étaient en exercice, et que les hommes de Coucke assistaient en tenue de parade à la présentation de l’étendard du bataillon, arriva à Kamina l’ordre d’envoyer d’urgence une compagnie à Léo.Le Commandant Georges Ledant, commandant en second du bataillon, embarqua la compagnie Coucke toujours en tenue de parade ainsi que des caisses de matériel, armes, munitions, radios et vivres dans cinq DC3 (les fameux Dakota) et afin de créer un effet de surprise, ceux-ci ne se posèrent pas à N’Dolo l’aérodrome de service mais sur la piste du nouvel aérodrome de N’Djili et c’est ainsi que la compagnie Coucke entra en opération en tenue de parade, elle reçut pour mission de protéger 3000 européens dans le village de Limété à environ 6 kilomètres de Léo.Elle reçut également pour mission d’effectuer une opération de police, rechercher le leader noir Kasavubu, chef coutumier des Bakongos, bourgmestre de la cité et futur premier président de la république qui était suspecté d’avoir organisé ou d’être l’un des instigateurs des émeutes. Il fut d’ailleurs arrêté et emprisonné le lendemain de son arrivée à Limété jusqu’à ce que le calme soit complètement rétabli et que la sécurité des personnes soit garantie.Le Major Debèfve rejoignit Léo les 6 et 7 janvier avec le reste du 3ème Bataillon Para-Commando et s’installa dans le futur palais du Gouverneur alors en construction, (il ne devait jamais servir comme tel : après l’indépendance, il devint le siège du gouvernement congolais).Les dernières émeutes furent résorbées en janvier et le 20, lors d’un saut en chute libre au-dessus de N’Jili et qui n’avait rien à voir avec les émeutes, le dorsal du Lieutenant Janssens ne s’ouvrit pas, il fit réserve mais plusieurs cordes de son ventral se sectionnèrent sur la plaquette d’aluminium qui portait son altimètre.La mort de cet instructeur para apprécié de tous, porta un rude coup au moral des hommes.Le 5ème Bataillon, sur pied de guerre et entièrement rééquipé reste en stand-by à Kamina. Laurent fait alors organiser des exercices de tir particulièrement appréciés par les hommes et en quelques jours, nous avons tiré des tonnes de munitions avec toutes les armes dont nous disposions, nous avons effectué des exercices qui laissent une grande part à l’initiative : patrouilles de police, nettoyages de villages, etc .. exercices qui devraient porter leurs fruits si la situation venait à s’aggraver et que le bataillon devait être engagé.Il fit également organiser des rencontres sportives et pas un seul « rappelé d’office » du 5ème Para-Commando ne regrettera « d’en avoir été ».Pour le Major Laurent le plus dur fut de tenir sa dernière promesse, mais il la tint et après avoir dû batailler ferme avec l’état-major, il obtint que ses hommes soient rapatriés le plus vite possible et par avion.

Le 27 février, après que les derniers hommes aient été rapatriés et démobilisés, le 5ème bataillon Para-Commando fut dissout et le Major Laurent rejoignit la Citadelle de Diest où les nouvelles recrues du futur 14ème détachement l’attendaient.Le Major Debèfve avec son 3ème Para-Commando (12ème détachement) regagna la base de Kamina (Baka) au Katanga.L’opération « Quick Reaction » n’était que la première d’une longue série, les émeutes de janvier 1959 n’étaient que le prélude de ce qui allait suivre, elles forcèrent le gouvernement belge à accélérer le processus d’octroi d’une indépendance peut être trop vite accordée à un pays mal préparé à devoir voler de ses propres ailes. Le Général Janssens, lors de son retour en Belgique après la signature de l’Indépendance qui prit cours le 1er juillet 1960 et des tristes événements qui ont suivi, voulant fustiger nos politiciens, eut cette phrase restée célèbre lorsqu’il s’adressa, devant un parterre de journalistes, à la statue du Roi Léopold II à Bruxelles, « Sire, ils vous l’on cochonné » ! Quarante-cinq ans plus tard, ce merveilleux pays, grand comme quatre-vingts fois la Belgique, disposant de mille et une richesses naturelles, devenu trop vite une nation indépendante et qui, après avoir été une démocratie, ensuite une dictature et dans lequel nos Para-Commandos sont intervenus à maintes reprises, certains y laissant leur vie afin de préserver nos intérêts ainsi que l’intégrité physique de nos ressortissants, est aujourd’hui devenu une ruine, un chaos indescriptible, gangrené par des luttes tribales ou ethniques et dans lequel règne en maître la corruption.

    Récit par Fernand Wijckmans - 11ème détachement 5ème Para-commando 1959

 

 

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       Dekers Harvard le Padre              Atterrissage de avion Harvard Nyanza Lac

   

 

  

  

Juillet 1960 3000 Para-Commandos – 1 Para, 3 Para, 4 commando, le 6 Commando, le 5 Para Commando (unité de réserve), et cinq Compagnies Indépendantes (unités de réserve) interviennent dans de nombreuses villes afin de permettre l’évacuation des Européens et le désarmement des mutins : Albertville, Ankoro, Bakwanga, Banane, Banningville, Boende, Boma, Bunia, Coquilhatville, Elisabethville, Gemena, Goma, Jadotville, Kabalo, Kaniama, Kasongo, Kibanguala, Kikwit, Kindu, Kongolo, Léopoldville, Libenge Lokandu, Luluabourg, Lusangi, Manono, Nyunzu, Piana, Thikapa…
Les Para Commandos sont mis à terre par parachutage (825 sauts sur 6 DZ) ou par atterrissage d’assaut. Une fois les aérodromes conquis et les évacuations organisées, ils sont relevés par des Compagnies Indépendantes de la Force Terrestre et de la Force Aérienne. 10.000 Européens sont évacués grâce à leurs interventions.
 

Janvier 1959  Ce bataillon para commando est rebaptisé parachutiste qui reprend le béret rouge caserné à Tielen

 

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