Parachutiste service au Congo Fernand Fensie 1954

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 singe_penser.gif  04/07/1955 Après la description complète et les renseignements sur cette manœuvre parachutée que nous allions effectuer à Manono, elle fut prévue pour demain matin le 5 juillet. Voici le topo général de cette manœuvre : Manono se trouve à 450 Kms de Kamina par la route, La DZ sur laquelle nous allons sauter se trouve sur la chefferie des Kilubas. La manœuvre terminée, nous rentrerons à la base par la route en traversant la Lualaba (le nom du fleuve Congo avant Stanleyville) sur un bac à moteur via Mwanza, Kabondo Dianda, Kikondja et Katala
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singe_penser.gif Arrivés sur place, nous allons chercher nos parachutes avec toujours la même question que nous posons au plieur. C’est un bon, va-t-il s’ouvrir ? Après s’être équipé, on se rend au lieu d’embarquement où nous devons attendre que l’avion revient après avoir droppé les premiers. 8 heures 45, parachutage nous avons pris position pour la nuit sous un soleil de plomb. 19 heures, nous partons direction l’aérodrome de Manono 23 heures nous avons effectué notre attaque Repos jusqu’à 5 heures du matin. Malheureusement je n’ai pas pu dormir, car nous étions attaqués toute la nuit par des fournis rouges.
 
 
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singe_penser.gifEn me réveillant , je constate que j’ai été mordu sur tout le corps par ces fourmis rouges. Nous partons très tôt vers la ville de Manono nous mettre en embuscade et attendre l’ennemi qui lui, se déplaçait en jeep. Dès l’attaque terminée, nous sommes partis à pieds en patrouille à 12 km de la ville ce qui m’occasionna des cloches à l’arrivée. Sur notre trajet, nous avons subi quelques accrochages. Quand nous sommes arrivés à notre point de chute, des camions sont venus nous chercher pour nous conduire au lieu du rassemblement de la Compagnie. Nous n’avions pas encore fini de manger que nous devions partir à la poursuite de l’ennemi, mais cette fois ci en camions. Après les avoir délogés de leur position, nous nous sommes mis en défensive en attendant avec impatience notre premier repas chaud. A 19  La garde installée, nous pouvions nous reposer quand vers 1 heure 30 du matin, nous étions à nouveau dérangés par une attaque, mais heureusement pas longtemps et notre nuit se passa tranquillement, Ouf !
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singe_penser.gif3lème Jour de manœuvre, nous sommes réveillés à 4 heures 30 du matin pour être prêt à partir attaquer l’ennemi se trouvant en position sur un terril à 18 km. En ce qui me concerne, je demande à mon Lieutenant de pouvoir rester au camp la matinée pour permettre au médecin de me visiter pour ces morsures de fourmis qui me faisaient très mal et je le rejoindrai fin de matinée avec la colonne motorisée. En attendant le départ des camions prévu pour 11 heures, Ne voyant pas arriver notre camion cuisine, on nous annonce qu’il a été pourchassé par l’ennemi qui se déplace en jeep avec l’intention de nous priver de notre nourriture. Par précaution nous sommes repartis vers un lieu tenu secret mais en mettant une jeep accompagnée de deux fusiliers devant la colonne des camions tout le long de notre trajet qui nous conduira à l’endroit du repas du midi. Le trajet s’effectua sans accrochage jusqu’au lieu de rassemblement qui est un carrefour à l’entrée d’un village indigène. Lors de l’installation du camp sur place, nous avons de suite installés des fusils mitrailleurs autour du carrefour.
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singe_penser.gifTout était calme en attendant le camion cuisine, lorsque tout à coup nous avons entendu des coups de feux. De suite nous avons plongé sur nos armes pour riposter aux attaques en voyant notre camion cuisine arriver à tombeau ouvert poursuivit par deux jeeps ennemies. L’ennemi constatant qu’il était presque encerclé, il a lancé un fumigène pour lui permettre de disparaître. En ce qui nous concerne, nous étions heureux de pouvoir dîner tranquillement après avoir évité que notre repas ne passe dans les mains de l’ennemi. Après le dîner, nous sommes partis déloger l’ennemi à 20 km d’ici et à nouveau prendre position pour passer la nuit. On me confirme que je dois monter la garde de 21 heures à 23 heures, ensuite je serai au repos jusqu’au matin, tout en espérant qu’il n’y aura plus d’attaque.
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singe_penser.gif4lème Jour de manœuvre 5 heures du matin, nous sommes prêts à partir à nouveau vers l’aérodrome de Manono.Arrivés à notre point de rendez- vous, nous avons eu les renseignements et les coordonnées concernant l’attaque que nous allions devoir effectuer à 50 km de l’aérodrome. Pas de chance pour le 2* e peloton (le mien), comme d’habitude, il récoltait le plus sale boulot. Arrivés à proximité de l’ennemi, nous devions traverser des marais pour encercler l’ennemi et l’empêcher de battre en retraite. Notre attaque se déroula dans de bonnes conditions, ensuite nous nous sommes installés sur leur position jusqu’à 16 heures en attendant notre retour vers l’aérodrome. Vers 20 heures, nous partons à nouveau nous installer sur la piste d’envol en position de défensive pour la nuit. A peine installé, on me communique que je suis de garde de 2 heures du matin jusqu’à 3 heures, en espérant que la nuit sera calme.
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singe_penser.gif5lfemeJour de manœuvre 5 heures 30 du matin. Après le petit déjeuner, nous sommes prévenus qu’il y aura un parachutage de vivres à 9 heures et d’être sur le qui vive (en défensive) parce qu’il y aura sûrement une attaque de l’ennemi qui essayera de s’approprier les colis largués par l’avion. En attendant l’arrivée de l’avion, nous discutions entre nous en se remémorant tout ce que nous avions effectué pendant ces jours de manœuvre qui vont bientôt se terminer. 10 minutes avant l’heure prévue, plusieurs jeeps sont venues chercher un homme de chaque section pour les conduire au lieu de la distribution des boîtes de rations se trouvant dans les colis. Etant désigné pour cette mission et en me rendant en bout de piste, on croise des Européens de la ville et des indigènes des alentours le long de la piste d ’atterrissage venu assister à ce parachutage. 9 heures précise, en entendant le bruit de l’avion, tout le monde aperçut son arrivée au-dessus de la plaine et commençait à larguer les colis, pendant que les copains, en position défensive, étaient attaqués par l’ennemi. Les colis à peine arrivés au sol, ils étaient embarqués dans les jeeps et distribués de suite à chaque section. Fin de la manœuvre programmée pour 11 heures. Le Commandant du détachement nous félicita pour avoir réussi cette manœuvre et d’avoir impressionné et représenté avec fierté
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singe_penser.gif21/07/1955 Ce matin, on se lève très tôt afin de se préparer pour le défilé à 9 heures précises sur l’aérodrome de Kamina.
 
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singe_penser.gif22/07/1955 Nous discutons sur le safari que nous allons effectuer demain. On nous dit que le déplacement s’effectuera en train dont la durée de trajet sera de 21 heures, cela ne nous enchante pas du tout. On se demande aussi comment ils feront pour notre alimentation. L’avant midi on prépare sont bergham en n’oubliant rien
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singe_penser.gif23/07/1955 3 heures 30 du matin, les camions nous attendent pour nous conduire où aura lieu l’embarquement de nos équipements et du matériel roulant dans le train. 6 heures 30 précises direction Kolwezi arriver en principe le dimanche 24 juillet aux environs de 1 heure du matin. Durant ce trajet, je vais vous expliquer une anecdote concernant le premier voyage que nous effectuons en train avec matériel et bagages au Congo ! Tout au moins celui qui nous véhiculait n’est pas comparable avec nos trains en Belgique, pourquoi ? Parce qu’il s’arrêtait environ toutes les 4 heures pour s’alimenter en eau. Pas question de faire de la vitesse, il nous arrivait même de descendre du train en marche et de marcher d’un bon pas à côté de lui dans des contrées un peu raides ! Ce qui n’est pas à comparer avec nos trains, nous qui étions habitués à la vitesse des trains chez nous. Dans la soirée, je me suis préparé un endroit pour passer la nuit du samedi au dimanche le plus confortablement possible en choisissant la banquette, d’autres copains eux se nichaient dans les portes bagages (ceux-ci devaient être très solides). Nous sommes enfin arrivés vers 3 heures du matin en gare de Kolwezi au lieu de 1 heure du matin
 
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singe_penser.gif24 juillet On se prépare à descendre du train, mais il y aura 2 pelotons qui resteront dans les alentours de la ville de Kolwezi, tandis que les 2 autres pelotons continueront en train vers Mushatsha situé à 150 Km de Kolwezi. Pendant que le train faisait des manœuvres, il se produisit un déraillement en gare, ce qui força les 2 pelotons qui devaient continuer leur chemin à rester jusqu'à 7 heures du matin en gare. Le Capitaine vint nous prévenir que ceux qui voulaient assister à la messe, un office se tiendrait dans la gare. Le départ pour Mushatsha étant prévu aux environs de 10 heures 30. En ce qui me concerne, j’ai été prévenu que je faisais partie d’un des 2 pelotons qui ne continue pas en train. Nous avons déchargé notre matériel et nos affaires.
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singe_penser.gif3ième iour de safari 25/07/1955 Je n’ai pas pu fermer l’œil tellement qu’il faisait froid et de regretter de n’avoir pas installé ma tente pour la nuit ! Après avoir fait ma toilette dans un petit ruisseau , nous déjeunons à 8 heures Dans la matinée, nos deux sergents sont partis en patrouille à la recherche de nourriture. Fin de la matinée avant le repas du midi, on les voit revenir avec un bouc à notre plus grande surprise. Ils l’avaient acheté pour la somme de 200fr en monnaie congolaise (égale à la valeur du franc belge). En constatant ce qu’il nous apportait, avec plusieurs copains, nous nous sommes mis rapidement au travail pour construire une table en bambous liés avec des lianes afin de faciliter la découpe de cette bête ! Pendant la construction de cette table, nous avons entendu le sergent Joseph Pattijn tuer le bouc à l’aide de son GP 9mm au-dessus du ruisseau afin de le faire saigner, ensuite la bête (le bouc) fut accroché à une barre latérale de notre camion afin de faciliter la tâche de notre copain Clément Marquet qui s’était proposé de lui enlever la peau Ensuite plusieurs copains se sont présentés pour entamer son découpage qui se fera sur la table qui venait d’être terminée. Cette découpe ne fut pas une réussite parce qu’ils croyaient faire de belle tranche de viande. Nous avons été très déçus en constatant qu’il n’y avait que de petits morceaux ! Entre nous, ils étaient de bien pâles bouchers ! En conclusion, le dîner terminé après avoir goûté du bouc, il ne nous restait comme solution pour les prochains jours que de mettre tous ces petits morceaux dans un conteneur métallique et de le mettre dans le ruisseau afin qu’il nous serve de frigo ! Vers 15 heures 30, notre Lieutenant est venu constater comment nous étions installés dans notre campement et si tout se passait pour un mieux. Ce soir pour le souper, je suppose que vous ne doutez pas de quelle viande nous allions manger ? Après le repas, je me suis empressé de monter ma tente pour ne plus avoir à souffrir du froid de la nuit. A 19 heures, je me suis installé dans ma tente, pendant que 5 copains partaient à la chasse, accompagnés d’un guide indigène venu d’un village proche afin de trouver d’autres nourritures que du bouc ! Aux environs de 22 heures 30, ils sont réapparus au campement, en clamant à certains copains encore éveillés que la chasse ne leur avait pas réussi, mais se promettant de recommencer à la prochaine occasion.
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singe_penser.gif4lème jour de safari 26/07/1955 Je me suis rendu au ruisseau pour faire ma toilette, Après le petit déjeuner, je suis retourné dans ma tente pendant que 6 copains partaient à 20 km d’ici où il y avait, paraît-il, une mission, surtout de voir s’il y avait la possibilité de faire quelques achats de vivres. Aux environs de 11 heures 30 pour notre dîner, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter concernant la viande. Nous avions de la réserve, les morceaux du bouc ! De quoi nous satisfaire ? Dans l’après midi, on s’est occupé à récolter du bois pour le souper. Notre Lieutenant arrive au camp vers 14 heures pour nous annoncer une bonne nouvelle, nous aurons la possibilité de visiter l’Union Minière à Kolwezi. Nous constatons qu’il tient compte autant que possible, des beautés touristiques et des régions afin de combiner l’intérêt des exercices et l’agrément de nos déplacements. Notre lieutenant parti, les 6 copains revenaientde leur périple avec des légumes (ouf !) tels que: des salades, des tomates, des carottes etc.. Nous étions tous enchantés qu’ils avaient réussi leurs achats, surtout pour accompagner les morceaux du bouc ! Eh oui, à nouveau du bouc ! Malgré cela, nous avons mangé de grand appétit suivi d’une bonne tasse de café qui nous fera du bien car déjà la nuit commence à tomber. Les nuits sont froides car nous sommes à une altitude de 1500 m, alors que la base de Kamina, elle se trouve à 1100 m.
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singe_penser.gif6ième iour du safari 28/07/1955 Nous sommes partis du campement aux environs de 7 heures 30 pour nous rendre à 120 km aux alentours de Mushatsha.  Nous sommes arrivés à notre nouveau campement à 14 heures 30, le temps de décharger ses affaires que déjà le camion repartait chercher les autres. Arrivés les premiers, nous devions nous occuper du souper
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singe_penser.gif7'Emme jour safari 29/07/1955 Nuit fut un peu chahutée, car dormir dans un camion .Le sergent me proposa, après le dîner de l’accompagner à la chasse au gibier en espérant toujours pouvoir abandonner notre bouc traditionnel. En ne voyant pas le moindre gibier, je me suis fait une réflexion personnelle, sommes-nous de bons chasseurs ? Les copains en nous voyant rentrer au campement vers 17 heures sans gibier, étaient très déçus et nous ont posé la question de savoir à quel endroit on avait choisi de chasser, tout en terminant la préparation du souper (devinez de quoi ?). C’est avec une faim de loup que je me suis installé dans le camion avec d’autres copains, ce qui nous permettait de se sustenter plus facilement en évitant d’être assis à même le sol. Pour terminer la soirée, nous nous sommes mis autour d’un feu en discutant de plusieurs sujets. Aux environs de 20 heures, nous sommes aller dormir car demain nous devrons nous lever tôt parce que nous allons visiter des chutes
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singe_penser.gif7lème jour du safari 30/07/1955 Nous sommes samedi (la St Baudouin) Dès que nous avons eu terminé de manger, on s’est occupé à préparer son dîner avant de quitter le campement aux alentours de 10 heures en direction de Mushatsha. En cours de route, au passage, nous avons rempli le camion de l’autre section dont certains souhaitaient aussi visiter les chutes. De la ville de Mushatsha, nous avions encore 40 Km en la quittant pour arriver à l’endroit des chutes. C’est vers 13 heures que nous sommes arrivés aux environs des
 
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singe_penser.gif8lème jour du safari 31/07/1955 Office religieux à Mushatsha. L’office terminé, les chefs de section se sont absentés pour faire des emplettes, moi je suis allé avec quelques copains boire un verre dans un club privé dont l’endroit ne nous avait pas échappé. En prenant notre rafraîchissement, on s’est permis de jouer aux boules (ne pas confondre avec le bowling). C’est à 12 heures précises que nous avons repris le chemin du retour tout en déposant nos camarades des 2 sections à l’endroit où nous les avions embarqués. En arrivant au camp, les cuistots volontaires nous attendaient avec impatience pour le souper. Je suppose que je ne dois pas à nouveau vous dire qu’au repas, il nous était servi, devinez quoi ? (Du bouc!) Après ce repas plantureux, je me suis porté volontaire pour faire la vaisselle. Fin d’après midi, le Lieutenant nous apporta le courrier tant attendu. En ouvrant les lettres, je ne sais pas pour quelle raison, je m’attendais à recevoir de mauvaises nouvelles (voir le paraphe du 22 juillet). Au contraire, elles me furent des plus réconfortantes. Le souper terminé, à la demande d’un copain, je suis à nouveau parti à la chasse juste avant la tombée de la nuit. Déjà en partant, je m’étais fait une idée que nous n’aurions pas chance. Effectivement, nous sommes rentré au camp bredouille ! Nous apprenons dans la soirée, que demain nous quittons notre campement en direction de Mushatsha où la compagnie va se rassembler pour exécuter l’attaque de cette gare.

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singe_penser.gif9lème iour du safari 01/08/1955Aujourd’hui lundi, nous entamons déjà notre dernier mois de présence effective à la Colonie, et je commence progressivement à avoir des regrets de quitter ce beau pays. Mon avis personnel, c’est que ce pays est très beau et très enrichissant pour nous les troupes métropolitaines. Nous quittons le campement où nous avons bivouaqués pendant 8 jours dans des endroits différents en vivant de la nourriture du coin, en ce qui me concerne mon avis personnel sera de ne plus vouloir entendre parler ou manger du bouc ou du mouton même en Belgique ! On arrive à 9 heures 30 à la gare de Mushatsha et immédiatement on commence à dresser notre campement.
 
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singe_penser.gifDès l’installation terminée, quelques copains se mettent à la recherche de nourriture naturellement plus facile à obtenir dans une ville pour le dîner. Le repas terminé, il est 15 heures quand nous embarquons dans les camions qui vont nous conduire en dehors de la ville, à l’endroit où on commencera un exercice qui consistera en une marche d’approche sans faire de bruit vers la gare pour l’attaquer. Après l’attaque, nous n’étions plus présentables, aussi on ’est empressé d’aller se laver, car nous avions la permission de partir à 17 heures 30 dans la ville jusqu'à 23 heures. Les Commandos étant de passage, s’embarqueront avec nous pour rejoindre la base. Nous avons passé la nuit de mardi à mercredi et toute la journée du mercredi pour arriver à Kamina-ville, de décharger le matériel et d’embarquer dans les camions qui vont nous reconduire à la base. C’est vers minuit que nous sommes arrivés j’ai profité de l'occasion pour prendre une bonne douche tant convoitée depuis 12 jours avant de retrouver mon lit. A peine le safari terminé que déjà se profile à l’horizon une manœuvre de 9 jours, le temps de remettre son équipement en ordre et nettoyer sont arme. Je constate que pour le dernier mois de notre présence à la Colonie, nous n’allons pas chômer
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singe_penser.gif04/08/1955 C’est quand même formidable, nous sommes rentrés la veille à minuit de notre safari, on est réveillé à 6 heures du matin, le temps de se réhabituer à la vie de la base, sa toilette, le petit déjeuner et à 8 heures, la parade. Je ne me suis pas trompé, dans la matinée nous avons eu inspection des armes. Après cette inspection, j’ai trié et lavé mon linge sale. Ce travail m’a pris toute la matinée. je demande au Capitaine Jozef Vaes, la permission de pouvoir me rendre à Kamina ville pour effectuer à nouveau une visite de courtoisie au Capitaine Jules Crèvecoeur qui commande la Force Publique à Kamina. Il m’accorde la permission en me spécifiant que je devrai me débrouiller tout seul pour rentrer à la base avant minuit. J’étais sûr qu’il m’accorderait cette permission (entre nous, il connaissait bien Crève-cœur vu que c’était un ex Para (cela ne s’oublie pas). Pour partir, je fais du stop à la sortie de la base, je n’ai pas dû attendre trop longtemps, de suite, un chauffeur (un colonial) me prend en charge. J’ai vraiment de la chance, il me conduit directement jusqu’au camp de la Force Publique et il me déposa même devant la maison du Capitaine qui me reçut avec enthousiasme comme si j’étais de sa famille. Pendant la soirée, il me questionna sur mon service au régiment, de mon passage dans ce beau pays, mais aussi sur les conditions de vie du safari que je venais d’effectuer (je lui ai parleé du bouc que j’avais mangé pendant 8 jours !). Cette soirée se passa tellement vite que je ne n’avais pas fait attention à l’heure tardive, il était temps de prendre congé du Capitaine et de sa famille. Il était déjà l’heure du départ en espérant trouver un chauffeur à l’hôtel de la gare. Le Capitaine me répondit que je ne devais pas me tracasser pour mon retour, il me mettra son chauffeur à ma disposition. J’ai compris qu’il souhaitait continuer nos conversations tout en buvant un bon verre de whisky. Ne faisant plus attention à l’heure, je venais de dépasser minuit, il était déjà 1 heure 30 du matin, quand il me rassura qu’il prendrait contact demain avec le Capitaine Vaes pour s’excuser de m’avoir retardé. Je remercie le Capitaine et son épouse pour l’accueil qu’il m’avait réservé lors de cette agréable soirée en leur compagnie. Avant de nous séparer, il reprendra à nouveau contact avec mon Capitaine espérant que nous nous reverrons encore avant que je ne quitte la Colonie. La date est fixée au 16 août pour le souper, si c’est possible pour moi, je lui réponds que tout dépend du service. Je contacterai le Capitaine en tant voulu en espérant avoir une réponse positive. Il appela le chauffeur de garde (un caporal comme moi) pour me reconduire à la base. Pendant le trajet, je lui propose une cigarette qu’il refusa en me disant qu’il ne pouvait pas conduire en fumant. J’ai insisté mais il refusa à nouveau ( il y avait de la discipline à la Force Publique). Au cours du trajet, je lui fais remarquer que nous avions le même grade, rien à faire, toujours le refus. Dans la base, je lui communique le chemin pour arriver près de mon bloc, mais il veut vraiment me déposer devant l’entrée de ma chambre. Je ne vous dis pas, en pleine nuit, ce que le bruit de sa jeep peut faire. Cela a même réveillé certains copains de chambrée, mais aussi le Capitaine ! Voilà en quelques mots mon périple de cette soirée qui m’avait transformé en quelques heures, de la vie militaire à la vie civile (cela ne m’avait donné que du bonheur).
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singe_penser.gif16/08/1955 On espère qu’aujourd’hui nous rentrerons notre équipement et notre arme, mais à l’armée rien n’est définitif.
singe_penser.gif17/08/1955 Dans la matinée, nous sommes prévenus que cette fois-ci était bien la bonne pour rentrer son équipement colonial et son arme au Q.M. Dès le passage du sergent de semaine dans la chambre, je lui demande de m’inscrire au rapport du docteur.
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singe_penser.gif18/08/1955 Ce matin après le petit déjeuner, nous sommes convoqués chez le docteur pour subir un examen complet avec prise de sang, je suppose que comme nous approchons lentement de notre départ de la colonie . De retour de la visite, je m’occupe d’emballer plusieurs souvenirs : quelques têtes d’ébène, des flèches et un arc achetés dans un village indigène lors d’une manœuvre. Notre repas terminé, le Capitaine Vaes rassemble toute la Compagnie pour nous communiquer le message selon lequel, le lendemain, les militaires ayant choisi de prester leur service militaire comme milicien à la base (fils de coloniaux) seront sur place dans -leur quartier pour fêter leur démobilisation. Il nous fit donc la remarque que si on attrapait un Para-Commando se trouvant dans leur quartier pour leur faire une blague; il écopera une sanction sévère (ducachot).. On s’approche progressivement de la date de notre départ et le temps me paraît bien long.
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singe_penser.gif30/08/1955 A peine rentrés dans la chambre, notre chef de section vient à nouveau nous solliciter sur ordre du R.S.M. pour la corvée suivante. Elle consiste à aller déposer des bagages au champ d’aviation où deux C.119 nous attendent pour exécuter le chargement parce qu’ils s’envolent très tôt le lendemain matin. Cette corvée nous occupa une partie de l’après midi qui se termina aux environs de 16 heures (nous n’avions pas à nous plaindre vu que le temps nous paraissait bien long à ne rien faire). Pour terminer l’après midi, j’accompagne quelques copains au bassin de natation de la base pour la dernière fois sans demander la permission. Vers 17heures 30, nous allions quitter le bassin quand on entend le bruit d’une jeep, elle est conduite par notre C.S.M. Il venait voir quels étaient ceux qui s’y trouvaient, heureusement, j’avais déjà disparu avec les copains que j’avais accompagnés. Naturellement, nous étions à la merci d’une punition, mais entre nous on ne s’en faisait plus car nous sommes en fin de séjour (vous voyez ce que je veux dire). Au souper, rien ne se dégage de notre escapade fin de l’après midi (Ouf !). J’apprends que notre sergent de section, Camille Olivier, notre chef d’orchestre et ses musiciens, ont remis au service Welfare les instruments de musique qu’il avaient reçu en prêt pendant notre séjour. Ce soir pas de cartes, je vais au cinéma pour la dernière fois, en regagnant ma chambre je me répète que cette fois-ci, c’est la bonne, je vais dormir la dernière nuit à la base. Demain c’est le grand jour du départ
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  singe_penser.gifKitona 31/08/1955 4 heures du matin. Le temps d’arranger la chambre, de constater que tout est en ordre et propre autour du bungalow 6 heures embarquement dans les C119. Nous décollons à 7 heures 25 précises. Au décollage, les copains se trouvant près des portes de sortie voient défiler pour la dernière fois vue du ciel l’étendue de la base où nous avons passé des mois .Notre vol va nous conduire à l’aérodrome de Moanda où nous atterrissons à 11 heures 15. En débarquant de l’avion, je remarque qu’une petite partie du 5lème Détachement Para- Commando qui viennent pour nous relever est prête à s’embarquer pour rejoindre la base de Kamina .Ce qui me frappe au premier abord en les voyant, c’est que ses soldats portaient un béret brun, c’était le béret que portaient les militaires quand il se rendaient en Corée. Pas le temps de leurs poser la question du pourquoi ? Les camions nous attendaient pour nous conduire à Kitona, le camp de transit qui sert de relève entre le 4ieme détachement et le 5‘ me détachement. J’étais impatient d’arriver au camp comme les copains afin de savoir pourquoi ils portaient un béret brun ? je fut étonné d’apprendre que la directive d’imposition provenait du ministère de la Défense Nationale qui les obligeaient à porter ce béret en les considérant qu’ils étaient des troupes métropolitaines (ce qui veut dire des troupes en dehors de notre pays, la Belgique). Il me rassura que les Paras comme les Commandos portaient le béret le brun lors du salut au drapeau, mais dès la parade terminée, ils ressortaient de leurs poches, leurs bérets rouges ou verts qu’ils avaient gagnés à la sueur de leur front (on sait qu’il était très important de pouvoir porter son béret). J’ai passé toute ma soirée en compagnie du copain afin de lui poser beaucoup de questions sur son voyage en bateau, sur la vie de notre quartier à la Citadelle de Diest mais aussi sur le pays. On-nous rappelle à l’ordre pour nous dire qu’il est l’heure de rejoindre sa tente
 
 
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singe_penser.gifKitona 01/09/1955 6 heures , on nous donne 1 heure pour faire sa toilette, ensuite le petit déjeuner. A 8 heures, le salut au drapeau suivit de la parade, ensuite avec la section du 2l4me Peloton, nous sommes de piquet pour la matinée. Cela consistait à faire des sandwichs pour une partie du 5,ème détachement qui va nous quitter pour rejoindre la base de Kamina.
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singe_penser.gif02/09/01955 Dès le dîner terminé, on se rend au lieu du rassemblement où les camions nous attendent pour nous conduire à Banane pour embarquer sur le TNA Kamina. Arrivés à destination, nous passons la douane avant de nous installer dans les barges pour nous conduire au bateau qui est ancré dans la baie. Nous regardons pour la dernière fois Banane. Nous effectuons exactement le même topo que lors de notre arrivée en mars. Le temps d’embarquer et de s’installer dans sa cale, nous appareillons pour le port de Lobito à 16 heures précises où le bateau va s’approvisionner en eau, en nourriture etc. Je suis à peine installé, je retourne sur le pont arrière en regardant pour la dernière fois le rivage qui s’éloigne en me disant adieu l’Afrique ou au revoir qui sait ? (Peut-être un retour dans le civil).
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singe_penser.gif03/09/1955 22 heures 30 en rade de Lobito, j’ai entendu que l’on jetait l’ancre. Sur cette bonne nouvelle, j’étais impatient d’être demain matin pour retrouver la terre ferme. Quand nous quitterons Lobito, nous entamerons le retour définitif vers le pays avec une escale prévue à Tenerife.
singe_penser.gif04/09/1955 Au réveil, je regarde par le hublot et je constate que nous sommes à quai. Nos gradés nous préviennent que les Paras seront de piquet ce matin, tandis que les Commandos seront de sortie à partir de 9 heures après qu’ils aient pris leur petit déjeuner, leur retour au bateau est prévu jusqu'à 13 heures. Quant aux Paras, ils pourront sortir après le dîner de 14 heures jusqu’à 18 heures, l’heure du souper. Nos corvées terminées, en attendant l’heure du dîner, avec quelques copains, nous regardons les autochtones angolais massés sur le quai venant admirer le TNA Kamina. Bien avant l’heure du dîner, j’aperçois quelques Commandos de retour avant l’heure prévue. Ils nous confirment qu’il n’y a pas grand-chose à voir, tout dépend ce qu’ils voulaient voir. On se demande si ne n’est pas une blague ou si c’est du réel, on le constatera quand nous serons sur le terrain ! En quittant le bateau, je suis heureux de retrouver la terre ferme. Ils avaient raison, cela n’était pas une blague, à part quelques magasins, je me suis mis à la recherche du même établissement tenu par des coloniaux lors de notre première visite afin étancher ma soif. Retour au bateau vers 17 heures 30 en étant déçu de n’avoir pu étancher ma soif. A peine rentré à bord, je me suis changé pour me rendre au souper. J’étais à peine rentré dans la cale pour rejoindre mon lit que j’ai entendu la sirène plusieurs fois qui annonçait notre départ. De suite, je me suis rendu a nouveau sur le pont arrière pour assister au départ du bateau du port de Lobito, il était 23 heures. Avec les copains, nous pouvions dire que maintenant c’est le retour définitif au pays. En espérant que la mer soit calme pendant quelques jours afin que mon estomac puisse s’habituer jusqu’à la prochaine escale qui sera Ténériffe.
 
singe_penser.gif07/09/1955 Vers 10 heures, on annonce par micro que nous venions de rentrer dans les eaux équatoriales Un peu avant midi, le détachement au complet devait se rassembler sur le pont arrière afin de recevoir le message suivant, il y avait quelqu’un qui avait jeté par-dessus bord un Thunderflash dans la mer. Notre Commandant n’étant pas content d’avoir reçu des remarques du Commandant de bord nous annonça que si la personne ne se dénonçait pas, il n’y aurait personnes du Détachement qui descendrait lors de l’escale de Ténérife. En se rendant au réfectoire pour le dîner, les discussions vont bon train en se demandant si le coupable va se dénoncer 16 heures 30 en me rendant dans ma cale, je rencontre un copain qui m’annonce que la personne coupable du jet d’un Thunderflash s’était rendu chez le Commandant pour se dénoncer (ouf!). Par contre, comme punition, il bénéficia de 4 jours de cachot (eh oui, il y en a aussi sur le bateau) et pas de sortie à l’escale de Tenerife.
 
singe_penser.gif08/09/1955 Départ de Lobito.
16/09/1955 Nous appareillons en regardant s’éloigner le port de Tenerife, nous étions heureux comme des enfants car cette fois-ci, c’est le bon départ en se disant dans 5 jours nous arriverons à bon port.
 
singe_penser.gif18/09/1955 A 10 heures, comme nous sommes le dernier dimanche, j’assiste au dernier office donné par notre Padre Raymond Thils qui nous avait accompagnés tout le long de notre séjour à la colonie. Lors de son dernier office, il nous fît son dernier sermon d’adieu pour les fidèles mais aussi pour les non-croyants. En voici le texte (cela nous restera à jamais dans notre mémoire) :Ami Para, Ami Commando, Nous voici arrivé à la fin de notre aventure africaine. La Belgique se profile à l’horizon... Souviens-toi des beaux jours et oublie les autres. Sois fier de ton unité, que dans l’intimité de ton cœur tu chéris, tu la choisirais encore si c’était à refaire. Dans les heures tristes de ta vie, rappelle-toi cette grande amitié que nulle part ailleurs, tu ne pourras retrouver. Ceux qui ont eu la mission, parfois difficile, de te conduire, te garde une réelle estime pour ta générosité, ton allant et ta loyauté. Ils te souhaitent, comme le signataire de ce dernier billet, beaucoup de joie dans ta famille retrouvée et un bonheur intense dans le foyer que tu vas fonder. Nous devions remplir un formulaire pour le contrôle de la douane lors de notre arrivée afin que nous soyons en ordre lorsque nous quitterons le bateau à Ostende. Ce soir après le souper, je suis à nouveau de piquet pour 2 jours. A 20 heures, ma corvée terminée Au réveil, nous apprenons que c’est aux environs de 2 heures 30, cette nuit que nous rentrerons dans le golfe.
 
singe_penser.gif19/09/55 Tous les hommes de la Cie Para devaient se présenter un par un chez le médecin pour contrôler notre santé, mais aussi contrôle du verrou, c’est le terme que nous employons à l’armée et pas moyen d’y échapper parce que nous étions filtrés par les MP (ils nous accompagnaient pendant tout notre voyage). Les militaires comprendront sûrement la signification du terme verrou. Ce passage consistait à contrôler si nous n’avions pas contracté des maladies vénériennes telles que la syphilis ou blennorragie on sent que nous approchons de la fin du voyage.
 
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singe_penser.gif20/09/1955 Nous quittons le golfe de Gascogne . Heureux que tout se soit passé pour un mieux (la mer n’ayant pas été trop agitée) tout en se demandant quand nous pourrions percevoir la côte d’Ostende?  Au cours de la matinée le 4lème Détachement est rassemblé a la demande de notre Commandant Hazée pour nous faire sont discours d’adieu. Voici le contenu de son discours : Chers amis, A la veille de votre démobilisation, je tiens à vous remercier de tout cœur pour votre précieuse collaboration apportée à la réussite du 4ieme Détachement Para-Cdo en Afrique. Vous y avez luit preuve des plus belles qualités militaires, morales et civiques et je vous en félicite. Ce ne fût pas tous les jours très gais, très facile, mais que de moments prestigieux et inoubliables, et ce sera certes, avec une pointe d’émotion, en vous retrouvant entre anciens, que vous vous rappellerez ces bons vieux souvenirs: SANDOA, MOKABE-KASRI, KOLWEZI, MWENE DITU, MANONO, PWETO et....la base. Avant de vous quitter, je vous souhaite un bon retour au sein de votre famille et une complète réussite de tous vos projets dans la vie civile. Je terminerai en vous disant le réel plaisir que j’aurai toujours à recevoir les anciens du 4lème Détachement et de pouvoir les aider dans leur carrière tant civile que militaire. Nous sommes prévenus il y aura la possibilité d’écouter le journal parlé de Belgique. On était impatient d’entendre une voix bien de chez nous. Au moment où on entendit la voix du speaker annonçant qu’effectivement le TNA KAMINA accosterait au port d’Ostende le lendemain mercredi
singe_penser.gif21/09/1955 Cette fois, c’est bien la fin de notre voyage , fin de matinée la côte belge tout en approchant progressivement du port d’Ostende. Quand nous sommes entrés dans le chenal, retentissent 3 coups de sirène, annonçant l’arrivée imminente pour l’accostage du TNA Kamina. Nous essayons de reconnaître au loin soit de la famille, soit des amis. Le bateau à peine amarré et la passerelle mise en place pour le débarquement, nous devions nous présenter un par un à la douane avec le kit-bag et les souvenirs accompagnés du formulaire de débarquement. J’ai serré les mains des copains en leur disant que nous nous reverrions à Diest pour la démobilisation fin du mois. En effet, nous avions reçu une semaine de congé du 22/09/1955 au 29/09/1955. Arrivé sur le quai, j’ai aperçu derrière les barrières Nadar, ma maman, mon beau-père, ma fiancée accompagnée de sa maman. En descendant la passerelle chargé comme un mulet, mon beau-père se présenta afin de me soulager de mon kit-bag tout en me demandant si je ne ramenais pas des pavés de l’Afrique vu sa lourdeur, je lui répondit que ce sont plusieurs têtes d’ébènes en souvenir, mais aussi un arc et des flèches. J’avais aussi acheté à Tenerife comme la plupart de mes copains une grande poupée que l’on pouvait tenir par la main pour la faire marcher, c’était pour l’offrir à la nièce de ma fiancée. En retrouvant la famille et la future belle-famille dans la joie, j’ai sollicité d’eux, qu’avant mon retour chez moi, ils m’accompagnent dans un café d’Ostende pour déguster une bonne bière de chez nous une Stella. Je ne reniais pas la bière Simba ou la Tembo du Congo, mais j’avais rêvé depuis longtemps de boire une bonne une bière belge. Nous sommes le jeudi 29 septembre 1955 (la Saint Michel), la fête des Paras-Commandos, je ne sais pas si c’est une pure coïncidence ou le hasard, nous ne le saurons jamais. Nous voici arrivés à nouveau à Diest le lieu où nous avions passé une bonne partie de notre service militaire mais cette fois c’était pour notre démobilisation. Avant le rassemblement des pelotons, on discutait entre nous à propos de comment s’étaient passées nos retrouvailles dans la famille. Nous avons été harcelés de différentes questions afin de leurs donner nos impressions de la colonie. Comment se présente-t-elle ? Qu’avons-nous fait ? Nous parlerons aussi de nos safaris...mais pour moi la manœuvre parachutée de Manono fut un succès, elle me restera ancrée à tout jamais dans ma mémoire dans mon séjour en Afrique. Etait-ce l’accueil des colons? Il y avait cet esprit justement créé par le fait que dès la première à la dernière minute, nous avons été forcés d’obtenir de nous-mêmes plus que nous avions envie d’en donner. Les activités étaient là, exigeantes, à des cadences soutenues. On "crevait" mais on n’avait pas temps de s’apitoyer. C’est justement parce que beaucoup de nous fut exigé que cette manœuvre de Manono nous restera un souvenir inoubliable (nous étions tous d’accord). Avant le rassemblement des pelotons, on se communique nos adresses en espérant qu’on se reverra plus tard dans la vie civile. Quand les différents pelotons furent rassemblés, on fut appelé un par un pour recevoir son carnet militaire accompagné de notre lieu de mobilisation. Ce carnet servira à certains copains qui postuleront pour une carrière dans la fonction publique. Une surprise nous attendait, lorsque que les gradés composèrent les différentes sélections par groupe, tel que le groupe de bruxellois et de ses alentours, la même situation pour les Liégeois et aussi pour la région de Charleroi. En somme, ils voulaient éviter que nous soyons tous ensemble pour fêter la démobilisation à Diest car cela pouvait faire beaucoup de bruit dans la ville ! Donc, ils avaient envisagé de séparer les départs des différents groupes pour qu’ils puissent se retrouver ensemble dans leur ville respective pour faire la fête (pas bête). Quand ce fut au tour des bruxellois, avant de rejoindre la gare et avec certains copains, je suis allé dire au revoir à la patronne du café l’Elysée appelée Mamie (les anciens s’en rappelleront sûrement et ne l’oublieront pas de sitôt). Avant de quitter le 2,eme peloton, voici un petit texte en forme d’adieu. Ainsi donc, voici la grande aventure qui se termine. Oui, c’est bien une aventure qui nous a réunis pendant 20 mois, au cours desquels nous avons vécu ensemble des bons et mauvais moments. Bien sûr, je suis heureux de tourner la page de mon service militaire, de ne plus entendre les voix de nos gradés mais avec eux disparaissent aussi les visages des copains du peloton. Evidement, nous avons tous eu nos petites querelles mais jamais bien graves car nous formions une belle équipe (le Spirit qui nous fut inculqué) Maintenant nos chemins se séparent et chacun suivra le sien. Adieu le 2lème peloton et bonne chance à tous en espérant de se revoirs un jour auprès des premiers copains qui attendaient de se présenter aux douaniers où il pourrait trouver son fils dont je tairai le nom mais dont certains copains se souviennent bien de lui. Il lui fut communiqué qu’il était peut-être encore dans sa cale, ce qui n’était pas vraiment le cas... En somme les renseignements qui lui furent communiqués le forçait à déambuler dans les coursives, couloir aménagé à l’intérieur du bateau dans le sens de sa longueur (c’était la bonne blague avant notre démobilisation). Les quelques copains qui l’avaient renseigné avaient intérêt à s’éclipser avant que le gradé ne réapparaisse! Quand ce fut mon tour de me présenter, j’ai serré les mains des copains en leur disant que nous nous reverrions à Diest pour la démobilisation fin du mois. En effet, nous avions reçu une semaine de congé du 22/09/1955
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jeudi 29 septembre 1955 (la Saint Michel), la fête des Paras-Commandos, je ne sais pas si c’est une pure coïncidence ou le hasard. Nous voici arrivés à nouveau à Diest où nous avions passé une bonne partie de notre service militaire mais cette fois c’était pour notre démobilisation? Nous parlerons aussi de nos safaris...mais pour moi la manœuvre parachutée de Manono fut un succès, elle me restera ancréet" mais on n’avait pas temps de s’apitoyer. C’est justement parce que beaucoup de nous fut exigé que cette manœuvre de Manono nous restera un souvenir inoubliable (nous étions tous d’accord). Avant le rassemblement des pelotons, on se communique nos adresses en espérant qu’on se reverra plus tard dans la vie civile. Quand les différents pelotons furent rassemblés, on fut appelé un par un pour recevoir son carnet militaire accompagné de notre lieu de mobilisation.
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