Para Commando Belge au Congo,Kamina , Kitona 1954

          Text 1
 
P40697-1eceac4f2b48e783601569a9a9f56b1c.jpg                     congo_mwb.gif                     194709-2defd8a91118c365b18913e2c607ce32.jpg
 
 
Les textes et témoignages sont extrait de son journal de bord de Fernand.
 
 
 exotique_03.gifFévrier 1954 Nous voici arrivés le jour de notre départ, dans la matinée nous sommes rassemblés devant la gare de Poulseur lieu de notre embarquement direction Ostende pour la grande aventure coloniale.  
 
depart depart  
 
deparT KAMINA sur-le-quai-depart 
 
sur-le-quai-depart  sur-le-quai-depart
 
depart-en-mer depart-en-mer 
exotique_03.gifNous quittons le village sous un petit tapis de neige en nous disant que ce sera la dernière fois que nous ne verrons de la neige cette année. Après une interminable demi-journée à bord des chemins de fer belge (SNCB ), nous arrivons à Ostende où une foule nombreuse nous attendl. Ma fiancée, la famille, les amis et connaissances m’attendent au quai d’embarquement de notre navire de la Marine Nationale, le T.N.A KAMDMA (ancien ravitailleur allemand de sous-marins pendant la 2 guerre mondiale immatriculée AP 957 revenu de son dernier voyage en Corée.
 
sur-le-quai-depart sur-le-quai-depart KAMINA
 
sur-le-quai-depart depart-en-mer
exotique_03.gif15 heures précise, 3 coups de sirène nous annoncent notre départ imminent et nous rappelle qu’il est l’heure d’embarquer à bord du navire. Après avoir fait mes adieux à ma Mère, fiancée et amis nous appareillons à 15 heures 15’ en nous éloignant lentement du quai, des mouchoirs qui s’agitent une dernière fois pour s’évanouir vers le large accompagné de la musique de la Force Navale qui nous interprète " Ce n’est qu’un au revoir " un morceau qui ne nous laisse pas insensible et qui nous prend aux tripes tout en s’éloignant progressivement de ceux qu’on aime. Les émotions vite refoulées, nous faisons face à l’avenir, nous nous préparons à un séjour enchanteur dans un cadre paradisiaque.
 
depart-en-mer escale-teneriffe-1.jpg 
 
exotique_03.gif01/03/1955 7 heures du matin, quand nous entamons notre première journée à bord, et déjà curieux de connaître ce que sera la vie sur le bateau pendant 19 jours, car pour nous tous c’est une grande inconnue, surtout que nous allons devoir nous habituer à vivre dans un espace très restreint, ce qui pour nous, parachutistes n’est pas évident, car nous sommes habitués à de plus grands espaces. Il faut aussi se conformer à la discipline et à la mentalité de notre marine nationale, cela pour toute la durée du voyage. Mes premières occupations furent les mêmes qu’à la caserne, la toilette, les corvées habituelles de la matinée. Nous avons commencé la visite du bateau, en nous communiquant les endroits où nous ne pouvions nous rendre et ceux qui nous étaient réservés, avec ordre de ne pas gêner le travail des matelots  j’ai profité de prendre quelques repères tels que bâbord, tribord, la cantine des matelots qui ne nous sera ouverte que le jeudi, mais aussi savoir retrouver la cale qui nous avait été attribuée comme dortoir avec des lits superposés (trois). J’ai choisi le plus haut en espérant bénéficier de la fraîcheur en dessous des conduites d’air conditionné. Je fus déçu car je n’avais pas trop réfléchi parce qu’en étant en hauteur, on bouge beaucoup! Ce soir après le souper, une séance de cinéma est programmée pour ceux qui le désirent, le titre du film « Madame et son chauffeur». Projection du film se faisait dans une cale et dans une chaleur étouffante, nous obligeant à regarder le film en tenue très légère et même pour certains en maillot de bain.  
exotique_03.gif02/03/1955 Nous sommes depuis cette nuit dans le golfe de Gascogne! Un endroit qui a la triste réputation de s’appeler « le cimetière des marins »
escale-teneriffe escale-teneriffe
 
                     4-escaqle-teneriffe-4.jpg                                     depart-en-mer
 
         4-escaqle-teneriffe-6.jpg         4-escaqle-teneriffe-7.jpg 
 
4-escaqle-teneriffe-8.jpg 4-escaqle-teneriffe-9.jpg
exotique_03.gif 05/03/1955 Escale à Tenerife. Pour certains d’ailleurs, le retour se ferait par avion ? Nous pouvions sortir et visiter le port et ses alentours pendant environ 2 heures. Après la visite (bien trop courte) nous avons réembarqué à bord du TNA Kamina prêt à appareiller. 16 heures 30 quand nous avons appareillé en direction de Banane (Congo belge) sans escale En quittant le port nous avons aperçu le paquebot Albertville qui lui allait appareiller pour Anvers venant du Congo belge. N’étant plus de corvée l’après-midi, un copain me demande de lui apprendre à jouer au poker menteur.
4-escaqle-teneriffe-10.jpg 4-escaqle-teneriffe-15.jpg
 
 
4-escaqle-teneriffe-16.jpg 4-escaqle-teneriffe-18.jpg
exotique_03.gif10/03/1955 La chaleur est de plus en plus lourde, au moindre mouvement nous transpirons et beaucoup de difficultés pour m’endormir, parce que dans la cale il faisait une chaleur étouffante.
 
5-bapteme-14.jpg 5-bapteme-13.jpg
 exotique_03.gif14/03/1955 Après-midi, on passera aux choses sérieuses « Le baptême de l’Equateur nous essayons encore d’en savoir plus sur le baptême qui va avoir lieu en questionnant les matelots l’ayant si souvent passé,mais aucune réponse ne nous est donnée. Ils veulent nous faire la surprise.
 
5-bapteme-11.jpg 5-bapteme-9.jpg 
 
exotique_03.gifA 9 heures 31 secondes précises nous sommes prévenus par 3 coups de sirène qu’on passait l’Équateur ( Latitude 0° Longitude 6° 30’ouest )
5-bapteme-7.jpg 5-bapteme-5.jpg
L’orchestre se mit à jouer pour saluer l’arrivée de Neptune (fils de Saturne et de Cybèle), dieu des océans, des mers et des cours d’eau, roi des tempêtes et des vents et Amphitrite (déesse de la mer, épouse de Poséidon) entourés de leurs sirènes et des pirates, (les déguisements des matelots sont parfaits). Le baptême débuta au son de l’orchestre et les premières victimes furent les commandants de Cie.
 
exotique_03.gifJ'aperçois notre Commandant de compagnie, Josef Vaes, se faire badigeonner par les pirates ainsi que tous les gradés. Ensuite, fini de rire, notre tour était arrivé. Quand ce fut à mon tour, je devais aller saluer Neptune, ensuite danser sur l’air de la chanson le " Tango Bleu " avec comme partenaire mon ami Raymond Liem. Ensuite, une des Sirènes me donna une pilule de sel à avaler, me dirigea vers Neptune et m’obligea à sucer son orteil trempé dans un mélange composé de moutarde, sauce anglaise, poivre, ail, chicorée, le tout de couleurs pas très rassurantes je déclare que Fernand Fensie a subi avec courage les épreuves nombreuses et variées du Baptême de l’Equateur. Nous requérons Tritons, Naiades, Néréides et toutes les autorités de lui livrer libre passage sur toutes les mers, de veiller sur ses jours pendant ses voyages et lui prêter main-forte le cas échéant pour le défendre ou l’aider.
exotique_03.gif15/03/1955  TNA Kamina jette l’ancre à 16 heures au large de Banane, parce qu’il n’y pas de port. Les matelots sont occupés à monter une passerelle qui va permettre à un pilote de monter à bord du bateau pour prendre le commandement du navire et entrer dans l’estuaire du fleuve Congo. Ce qui nous conduira au port de Borna où il est prévu que le TNA Kamina fera ses provisions en eau et nourriture pour effectuer son retour vers la Belgique, avec le 3lèmc détachement Para-Commando ayant terminé son séjour au Congo belge
 
 
6-banana-6.jpg 6-banana-5.jpg
exotique_03.gif16/03/1955 De bonne heure, nous quittons Banane en entrant dans l’estuaire du fleuve Congo (l’un des plus grands fleuves du monde 4600 km) direction le port de Borna. En naviguant dans l’estuaire, nous découvrons et apercevons pour la première fois la forêt avec une multitude d’arbres de différentes formes et couleurs (un paysage splendide).En longeant les berges, nous passons près d’un village d’indigènes (appelés plus correctement des autochtones) qui nous font des signes. Nous supposons que cela nous est adressé sous forme de marques de bienvenue dans leur pays. Pour la plupart d’entre nous, c’est la première fois que nous apercevons des Congolais. Nous sommes arrivés au port de Borna aux environs de 12 heures notre impatience est grande de pouvoir retrouver la terre ferme qui nous manquait depuis l’escale de Tenerife (12 jours de navigation). Le repas terminé, les soldats et caporaux avaient quartier libre l’après-midi de 13 heures à 17 heures pour visiter la ville  permission de 22 heures! La ville de Borna en elle-même n’est pas très grande cela m’a permis de visiter un village d’indigènes, et comme il me restait encore du temps libre avant de ré-embarquer, j’ai profité, en compagnie de quelques copains, de m’installer sur une terrasse d’un grand café pour boire une bière locale (le nom de la bière est la Primus).
 
     Text 1
6-banana-4.jpg 6-banana-3.jpg 
 
6-banana-2.jpg 6-banana-1.jpg
 
exotique_03.gif17/03/1955 8 heures15’ du matin nous quittons le port de Borna destination Banane en refaisant le chemin inverse et nous arrivons aux environs de 12 heures. Le temps de dîner, ensuite nous préparons notre kit-bag et attendons le moment de quitter le navire. A Banane, il n’y à pas de quai pour nous débarquer, ce sont des barges qui viennent nous chercher. Les premiers à débarquer du navire sont les Commandos suivis par les Paras qui eux devront attendre plus d’une heure avant de quitter à leur tour le bateau. Arrivés sur la terre ferme, un sergent nous attendait pour nous remettre le courrier venu par avion (plus rapide que bateau). Nous embarquons dans les camions qui vont nous conduire à la base de Kitona. Cette base de transit, sert de relais entre les nouveaux arrivés, nous le 4lime détachement et le 3ième détachement qui réembarquera le 20 mars sur le T.N.A. Kamina pour reprendre le chemin du retour vers la Belgique pour y être démobilisés. Pour eux, se termine leur séjour en Afrique. En arrivant à la base de Kitona, on me montre la tente où j’allais passer la 1 re nuit sur le sol Africain, quel changement par rapport à ce que j’avais connu en Belgique lors de nos manœuvres. Et en prime, je bénéficie de petites bestioles (des insectes, etc....) qui me tiendront éveillé tard dans la nuit ! On me prévient que je resterai 2 jours à Kitona, je ne sais pas le pourquoi. Ensuite ce sera mon départ pour Léopoldville.
 
5-bapteme-10.jpg 7-1.jpg
 
 7-4.jpg 7-3.jpg 
 
 
6-banana-6.jpg 6-banana-5.jpg
                      1er jour au Congo a la base de Kitona  18/03/1955
exotique_03.gifOn revient aux horaires de la caserne, lever à 6 heures du matin, appel au lit à 6 heures 10’, ensuite la toilette, puis on déjeune et on attend 8 heures 30’ pour se rendre à la parade. Après le salut au drapeau, je suis désigné avec quelques copains du peloton pour transférer dans des camions du matériel et bagages de certains copains à l’aérodrome de Moanda. Le travail terminé, sur le chemin du retour vers Kitona, on profite de s’arrêter au bord de la mer pour aller nager. A la base, après le dîner j’ai rencontré un ami habitant mon quartier à Bruxelles qui faisait partie du 3lime détachement qui embarquera le 20 mars sur le KAMINA pour rentrer en Belgique. Pour la soirée, pas de changement, il y à une séance de cinéma. Le titre du film est "L’apprentie Amoureuse". C’est le seul passe- temps que nous ayons ou jouer aux cartes avant l’appel au lit. 2ièmc iour au Congo
exotique_03.gif19/03/1955  Nous quittons Kitona, direction l’aérodrome de Moanda où se trouvent les avions C 119 appelé (Flying Box Car). Ensuite, c’est à notre tour d’embarquer dans les camions vers 11 heures direction l’aérodrome Moanda. Il est 12 heures 30’ quand nous décollons vers la capitale Léopoldville. La durée de vol est d’environ 1 heure 30’. A notre descente de l’avion, nous avons eu droit à un discours de bienvenue du Lieutenant Colonel Danloy.
 
     Text 1 
9-12.jpg  9-9.jpg
                                                    20/03/1955    1 èr Jour  à la base de Kamina   
exotique_03.gifRéveil à 4 heures du matin et nous décollons de Léopoldville à l’heure prévue. Le voyage fut long et inconfortable dans un C-l 19. On ne savait même pas étendre les jambes à cause du matériel et bagages au milieu de l’avion. Nous atterrissons sur l’aérodrome de Kamina au environ de 12 heures(heure locale) où nous attendent des camions pour nous conduire vers nos blocs respectifs. En ce qui concerne la base de Kamina, elle est aussi appelée Baka (à titre indicatif, cette base a la forme d’un fer à cheval). La base est située dans la province du Katanga, sur les plateaux du Lomami (1.096 m d’altitude), à 25 km de la ville de Kamina.
exotique_03.gifSaisons bien distinctes.  La saison des pluies: pendant laquelle il pleut presque tous les jours. La saison sèche: de mai à octobre pendant laquelle il ne pleut pas( ou peu ). Les nuits sont fraîches et les journées ensoleillées  La température moyenne annuelle à la base de Kamina est de 22°
La base de Kamina n’est pas une ville de garnison de Belgique ou d’Allemagne, elle est une base militaire créée pour permettre à la Belgique de fournir le maximum de son effort dans l’éventualité d’un conflit où elle serait impliquée. La base comprend: Un complexe "Air" avec l’aérodrome, ses dépendances, ses cités européenne et indigènes. Un complexe "Terre" composé de blocs, genre de bungalows dont une partie est réservée aux Paras et Commandos, une autre partie étant occupée par les élèves pilotes de notre force aérienne, qui s’entraînent sur avion Harvard, mais aussi par des miliciens (ce sont des fils de coloniaux) ayant choisi de faire leurs services militaires au Congo en lieu et place de la Belgique. Chaque bloc comporte 2x12 lits séparés par une cloison formée d’armoires avec deux entrées latérales, ce qui permet de mettre 2 sections composées de 6 gars d’un même peloton, et à chaque coin du bloc, se trouvent les chambres des s/officiers (nos chefs respectifs). On me désigne le bloc où je vais passer mes 6 derniers mois du service militaire mais je suis surtout curieux de connaître le copain qui se trouvera à mes cotés. Après avoir effectué quelques changements de place dans la section, c’est mon ami Remy Verbist. Il est sélectionné comme tireur F.M. Dans la chambre, il se trouve à la droite de mon lit.
 
9-8.jpg  9-7.jpg 
 
9-5.jpg 9-6.jpg
 
9-4.jpg 9-3.jpg
exotique_03.gif1er Soirée que nous passons à la base, on nous renseigne les chemins en prenant des points de repères pour le réfectoire ou la salle de projection. Pour ce soir je suis heureux qu’il y ait cinéma.
9-2.jpg 9-1.jpg 8-ont-s-installe-8.jpg
exotique_03.gif22/03/1955 La journée débute de la même façon que la veille, sauf que je ne suis plus de corvée chambre, mais obligé à continuer de faire du jardinage. Après la sieste obligatoire, je dois me rendre de suite au Q.M., (le magasin du matériel) pour recevoir mon arme et l’équipement vestimentaire composé spécialement pour l’Afrique. Comme je suis caporal, je reçois la mitraillette vigneron et le canon de rechange du tireur F.M. Notre sergent de peloton vient nous distribuer le courrier qu’il venait de recevoir, mais quelle fut grande ma déception en ne recevant aucune lettre de Belgique, moi qui me faisais une joie d’avoir des nouvelles, effectivement mon moral en a pris un fameux coup avant le souper.La routine habituelle, réveil a 6 heures, P.T. (gymnastique matinale),la toilette, la parade, ensuite le réfectoire pour le déjeuner. Le déjeuner terminé, nous sommes prévenus que nous allons effectuer en camion la visite complète de la base. En effectuant cette visite, nous apercevons les quartiers où logent les élèves pilotes de la force aérienne belge qui viennent effectuer leur écolage et s’entraîner sur des avions Harvard, et celui des miliciens belges (fils de coloniaux) qui ont choisi de rester dans leur pays d’adoption pour effectuer leur service militaire obligatoire. La sieste toujours obligatoire mais plus courte que d’habitude, parce que nous devions retourner au Q.M. chercher de l’équipement supplémentaire. Ce soir, nous devons à nouveau nous présenter en tenue de sortie pour se rendre au réfectoire pour le souper. Je me pose toujours la question pourquoi ? 
  
8-ont-s-installe-7.jpg 8-ont-s-installe-6.jpg
exotique_03.gif24/03/1955 Sur le terrain qui est sablonneux, pas la moindre herbe en vue et une chaleur qui vous oppresse, nous étions heureux de nous revigorer en dessous d’une douche méritée et surtout de nous rafraîchir le gosier à la cantine automatique GP 9mm parce que je deviens Caporal de la section mortier 3". J’étais heureux d’apprendre cette bonne nouvelle étant donné que l’entretien et le nettoyage d’un pistolet est plus facile et plus rapide qu’une mitraillette.
          8-ont-s-installe-5.jpg                8-ont-s-installe-4.jpg  
 
           Kamina 1953           8-ont-s-installe-1.jpg
exotique_03.gif25/03/1955 Aujourd’hui c’est le jour du courrier, mais il nous faudra attendre 17 heures pour le recevoir. La routine habituelle du matin, ensuite le reste de la matinée se passe calmement soit pour les uns, jouer aux cartes, pour les autres, le monopoly ou écouter des disques en attendant l’heure de se rendre au réfectoire pour le dîner. La sieste terminée, nous avons droit à un drill de peloton qui consiste à marcher en rangs, porter arme etc.... Le drill terminé, je suis allé me rafraîchir sous la douche 15 heures, la sieste terminée, il y avait au programme de cette après-midi du sport. Ce soir, il n’est pas prévu de séance de cinéma, alors pour passer la soirée, j’ai joué aux cartes jusqu’à l’appel au lit de 22 heures 30’.
                         9-2.jpg                                9-11.jpg     
exotique_03.gif27/03/1955 Au début de l’après-midi, j’apprends qu’il y aura un match de football entre les Commandos et les miliciens de la base (les coloniaux) . Le match s’est terminé par la victoire des Commandos, ils seront les adversaires des Paras dimanche prochain.A l’heure du souper, je suis allé porter à manger aux détenus dans leurs cellules.Après mon passage,l’officier de garde constate que les hommes mangeaient dans le couloir et pas dans leurs cellules respectives, ce qui est formellement interdit par le règlement militaire.
 
 
exotique_03.gif29/03/1955 Marche de 4 km dans les matities, plein soleil toujours pour nous habituer au climat du Pays. L’après-midi, à nouveau une marche dans les matities mais cette fois nous n’avons plus droit à la sieste, nous qui en avions pris une habitude. Lors de cette marche, j’ai aperçu pour la première fois un serpent, ce fut très impressionnant

Commando bérêt vert class 1952 Kamina 1953 
 
 
       COMMANDO               Fernand Fensie cl 1953
exotique_03.gif30/03/1955 L’exercice prévu consiste à faire la connaissance pour la lère fois d’une galerie forestière. Il paraît que ces galeries ressemblent, en plus petit, comme le nom l’indique, à celles de la forêt équatoriale. Effectivement, quand nous étions dans la galerie, cela n’était pas facile de se frayer un chemin sans la machette, et pour compléter notre première visite en ces lieux, nous avons même traversé des marais en ayant de l’eau aux dessus des genoux. L’exercice terminé nous sommes rentrés à la base dans un état pitoyable et content de pouvoir prendre une bonne douche avant le dîner.  Après dîner, le nettoyage et le séchage de son équipement et ensuite un repos bien mérité. Une grande surprise nous attendait dans la soirée après le souper, en effet nous allons devoir effectuer une marche de nuit de 8km (la première) qui durera environ 1 heure 30. Ici en Afrique, marcher la nuit est plus monotone que celle effectuée en Belgique, c’est-à-dire pas de repères, (route, maison) que de la piste dans un noir le plus absolu.
 
Kamina 1953 brousse
 
exotique_03.gif01/04/1955 La parade terminée, nous devons nous mettre en tenue de combat pour retourner à nouveau dans les galeries forestières. Mais cette fois, l’exercice consistait à exécuter une marche en patrouille Recce, c’est à dire en reconnaissance du terrain. En effectuant cette marche, nous avons rencontré un village indigène avec sa population qui nous regardait comme si nous étions des bêtes curieuses.
 
brousse brousse
 
exotique_03.gif02/04/1955 Aujourd’hui, pas d’exercice sur le terrain, mais dans la matinée nous héritons d’une petite séance de drill, suivie du cours de langue le Kiswahili Fin de matinée nous avons eu l’inspection et la vérification de notre équipement et armement. Après le dîner, le moment tant attendu est arrivé, les camions sont là prêts à nous conduire à Kamina ville distante d’environ 30 km de notre base (notre première sortie depuis le port de Borna lors de notre arrivée en Afrique). Nous sommes arrivés vers 15 heures 30 en ville, et ma première impression est que je ne peux comparer cette ville avec une ville de chez nous, mais plutôt à une ville du Far West comme on voit dans des films de Cow-boys. Au bout de la rue principale en terre, face à la gare, on nous dépose devant le seul hôtel qui existe, il s’appelle «Hôtel de la gare», cela va de soi.Cet hôtel est tenu par deux couples composés de deux frères qui se sont mariés à deux sœurs. A l’intérieur, nous remarquons qu’il y a un bar avec un juke-box (lecteur de disque), un kicker (baby-foot) et aussi une salle de cinéma (toujours bon à savoir ).
 
brousse brousse
exotique_03.gif07/04/1955 Ce jeudi, le réveil comme d’habitude, mais le déjeuner est programmé plus tard afin de permettre à ceux qui le veulent, d’aller faire leurs Pâques. La messe est prévue à 7 heures. Comme il avait été prévu, dans la matinée nous avons effectué une patrouille Recce, une marche de 3 heures dans la nature pour nous habituer et connaître au mieux la nature de ce pays. Pour l’exercice, une section, la mienne du 2,ème peloton, devait tenir une route, un pont et un pylône, pendant que les autres sections devaient nous espionner sans se faire repérer.
exotique_03.gif13/04/1955 Aujourd’hui, pas de parade, nous partons directement après le déjeuner à 25 Km de la base sur la plaine de Katala pour exécuter des attaques de peloton à balles de guerre. Cette plaine nous sert également pour nous dropper (les sauts en parachute).Après le dîner, nous sommes prévenus qu’en fin de journée, à partir de 16 heures, nous aurons de la théorie concernant le maniement de la mitrailleuse M.50, une arme très impressionnante. Avant que ne commence la théorie, je profite de cet instant pour aller rechercher le linge que j’avais lessivé et mis sécher
exotique_03.gif14/04/1955 Après la parade, nous sommes partis dans les galeries forestières exécuter le maniement d’explosifs, c’est-à-dire comment placer les charges mais aussi pouvoir juger de la quantité que nous pouvions employer. Cet exercice consistait à nous familiariser à manipuler les explosifs en faisant sauter des arbres. Chacun à son tour, accompagné du chef de peloton, on devait placer son cordon de plastic TNT ensuite on tirait au sort pour celui qui resterait en dernier lieu pour allumer la mèche. Concernant ma section, c’est moi qui ai eu ce privilège de rester le dernier! L’exercice terminé, c’est sous un soleil de plomb que nous sommes rentrés à la base. Après la sieste réparatrice et le stress disparu, nous avons bénéficié d’un exercice de défense de peloton, ensuite de la théorie sur un exercice prévu demain dans la journée. 
 
exotique_03.gif15/04/1955 Aujourd’hui au programme, l’exercice que nous allons effectuer se déroulera toute la journée en dehors de la base. Ce matin, pas de parade. Après le déjeuner, nous partons directement en camion à 25 km d’ici, vers un village d’indigènes où nous serons droppés par section (en langage de parachutiste) ce qui veut dire être déposé. Le but de l’exercice consiste à rejoindre la base sans être vu par des patrouilles Recce qui sillonnent en Jeeps toutes les pistes et routes qui leur sont possibles d’emprunter entre notre lieu de départ et la base. Après avoir marché toute la journée dans les matitis et galeries forestières sans nous faire repérer, nous étions surtout contents d’avoir réussi la mission. De retour à la base, nous sommes heureux de pouvoir bénéficier d’une douche bien méritée. Le souper terminé, une surprise nous attendait, ce soir nous avons une marche de 2 heures à nouveau dans les galeries forestières à la boussole et sans lampe de poche! Nous sommes heureux que cette journée soit terminée, que tout se soit bien passé, et c’est avec un plaisir fou que j’ai retrouvé mon lit pour un repos bien mérité.

Fernand Fensie cl 1953 brousse-safaris 

                                    brousse-safaris-2.jpg

exotique_03.gif16/04/1955 Nous sommes informés que cette journée sera plus relax et plus reposante (chouette !). Effectivement dans la matinée nous sommes partis sur la plaine de Katala nous exercer aux tirs (fusil et F M) afin que nous ne perdions pas la manipulation des armes

exotique_03.gif20/04/1955 Pas de parade, donc pas de salut au drapeau. La raison est qu’il  n’y a plus de mât qui supporte notre drapeau national, car il doit être repeint pour la venue du Roi Baudouin annoncée pour la fin du mois prochain.

     Text 1

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site